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Course à la presidence de la republique : Denis Mukwege a déposé hier sa candidature
C’est confirmé. Le Prix Nobel de la paix de 2018 s’attend à briguer la magistrature suprême. Hier mardi 3 octobre, Dr Denis Mukwege s’est rendu à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour déposer sa candidature à la présidentielle du 20 décembre prochain, comme il l’a promis la veille.
A l’instar des autres candidats qui l’ont précédé, Dr Denis Mukwege s’est entretenu avec son homonyme Dénis Kadima, le président de la Centrale électorale, juste après le dépôt de sa candidature. Il devient ainsi le septième candidat à la présidentielle de 2023 à être enregistré sur la liste de la CENI.
Se confiant à la presse, le célèbre gynécologue congolais a émis le vœu de voir des résultats qui traduisent l’expression du peuple. « La finalité, dit-il, c’est les résultats. Si c’est le meilleur qui gagne, on va applaudir. Si c’est le contraire, on dira qu’on n’est pas d’accord », a clairement indiqué le Prix Nobel de la paix de 2018.
Aux dires de Denis Mukwege, « le peuple aura le choix de faire la rupture entre ce système qui a trop duré et de s’engager dans un nouveau système qui lui permet de s’exprimer et de pouvoir jouir de ses ressources« .
Un médecin boosté par ses malades
Serein, le médecin de Panzi a tenu à verser la caution non remboursable recommandée par la Centrale électorale, somme mobilisée par plusieurs femmes et autres sympathisants qui se sont cotisés pour soutenir sa candidature.
« En réalité, le docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », avait déjà balayé les dernières interrogations en annonçant, il y a un peu plus de deux semaines, qu’il avait reçu et accepté les 100.000 dollars d’une cotisation populaire pour sa candidature et sa campagne« , écrit à cet effet La Libre Afrique.
« En entrant dans le jeu politique, le prix Nobel de la Paix 2018 pénètre dans un nouvel univers« , commente ce média en ligne. S’il conserve son aura, « il risque de perdre rapidement la plupart des sponsors qui soutiennent sa fondation Panzi qui vient en aide aux femmes victimes de sévices sexuels dans l’est du pays », explique un homme d’affaires congolais, cité par la Libre Afrique.
« C’est évidemment très risqué et ça explique certainement une partie de ses doutes« , poursuit-il, tout en expliquant que « même les gardes du corps qui lui étaient accordés par la Monusco ne pourront plus l’accompagner« .
Une candidature qui interpelle
« La candidature de Denis Mukwege pourrait, par contre, jeter une nouvelle lumière internationale sur ce scrutin congolais qui, jusqu’ici, ne semblait guère passionner les chancelleries internationales, beaucoup de diplomates semblant accepter l’organisation chaotique de ce scrutin« , estime ce média.
« Avec Mukwege dans le jeu, ça risque de perturber la machine mise en place par le pouvoir« , explique un de ces diplomates. « Sa candidature pourrait même renforcer le poids des organisations qui se préparent à veiller sur le déroulement de ce scrutin. Je pense aux catholiques qui vont, une fois de plus, se mobiliser pour être présents dans tous les bureaux de vote. Mukwege va mobiliser cette communauté internationale et va la sensibiliser à ce scrutin« , renchérit La Libre Afrique. YKM