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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Commune de Kisenso : gestion opaque, administration parallèle, dérives, tribalisme….
Les regards sont aujourd’hui largement tournés vers l’Hôtel de ville de Kinshasa, souvent pointé du doigt dans le débat public sur la gestion de la capitale. Pourtant, les entités municipales, qui sont censées accompagner la vision du gouverneur et des autorités provinciales, jouent également un rôle déterminant dans la gouvernance locale.
Après une tournée effectuée par notre rédaction dans plusieurs communes de la ville de Kinshasa, le constat qui se dégage est préoccupant. Entre manque de transparence dans la gestion administrative, existence d’administrations parallèles, accusations de tribalisme et absence d’une vision claire de développement, plusieurs municipalités semblent confrontées à de sérieuses difficultés de gouvernance.
Parmi les communes visitées, la commune de Kisenso, dirigée par Godé Atshel, retient particulièrement l’attention. Sur le terrain, notre reporter a relevé une gestion jugée peu orthodoxe par certains observateurs, parfois comparée à une administration improvisée où les règles de gestion publique ne semblent pas toujours respectées.
Interrogé sur ces accusations, le bourgmestre de Kisenso n’a pas nié l’existence de certaines pratiques décriées. Il pointe toutefois du doigt certains agents de l’administration communale qui, selon lui, exploiteraient des documents officiels pour en tirer des gains personnels au détriment de l’État.
"L’administration parallèle ? Il faut poser cette question aux agents qui s’y livrent sans toujours s’en rendre compte. Que peut faire le bourgmestre face à des pratiques que nous avons trouvées déjà en place ?", a-t-il déclaré, fataliste
Selon lui, certains agents établiraient même des documents administratifs, notamment des attestations de naissance et d’autres pièces officielles, depuis leurs domiciles, échappant ainsi au contrôle formel de la commune.
Mais du côté de la population et de certains observateurs locaux, les critiques sont également dirigées vers l’autorité municipale. Plusieurs habitants dénoncent ce qu’ils qualifient d’ "égocentrisme" dans la gestion de la commune.
"Le bourgmestre répète souvent qu’un manager ne perd pas et que ses intérêts doivent primer. Ici, certains parlent même de l’opération “Lia yayo, tikela bourgmestre part naye” (prends ta part et laisse celle du bourgmestre, NDLR)", affirment certains habitants.
Face à ces accusations croisées entre l’administration communale et les agents, une chose semble claire : la gestion municipale à Kisenso nécessite des réformes profondes afin de restaurer la confiance et améliorer la qualité du service public.
Les résultats de notre enquête invitent ainsi les autorités municipales à se pencher sérieusement sur ces dysfonctionnements, notamment en renforçant les mécanismes de contrôle et en sanctionnant les pratiques contraires à l’éthique administrative,
Car au-delà des polémiques, la commune de Kisenso mérite une gestion responsable, transparente et axée sur le développement, afin de répondre aux attentes légitimes de sa population et contribuer pleinement à l’essor de la ville de Kinshasa.
La prochaine étape de nos enquêtes envisagerait les communes de Lingwala, Matete, Lemba et Ngaliema, elles aussi accusées de mauvaise gestion de la chose publique
César IPOKA