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A Bujumbura, la C64 campe sur ses principes
* «Nous dialoguons avec tous ceux qui recherchent la paix, mais nous ne transigerons jamais sur la Constitution…».
La Coalition Article 64 (C64) se dit prête à participer à un dialogue politique pour sortir la République démocratique du Congo de la crise multidimensionnelle qu’elle traverse. Mais cette ouverture, affirme-t-elle, ne saurait être interprétée comme un renoncement à ses principes. Au cours d’un point de presse tenu hier jeudi 7 juillet au Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS), dans la commune de la Gombe, la plateforme a réaffirmé que toute initiative de médiation ne pourra aboutir qu’à la condition de respecter la Constitution, l’État de droit et la souveraineté du peuple congolais.
Cette mise au point intervient au lendemain de la rencontre entre le présidium de la C64 et le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, qui mène des consultations auprès des acteurs politiques congolais dans le cadre de la recherche d’une solution durable à la crise.
Face aux nombreuses spéculations suscitées par cette rencontre, la coalition a d’abord tenu à rétablir sa version des faits. «La C64 n’a jamais sollicité cette audience. L’initiative est venue exclusivement du président en exercice de l’Union africaine», a-t-elle déclaré, précisant que le chef de l’État burundais souhaitait entendre directement l'analyse des causes profondes de la crise ainsi que la position de la C64 sur un éventuel dialogue politique.
Selon les responsables de la coalition, cette démarche traduit la volonté de l’Union africaine de consulter l’ensemble des forces politiques concernées par l’avenir de la RDC, au-delà des seules institutions en place.
«LA GUERRE N’EST PAS LA CAUSE DE LA CRISE CONGOLAISE»
Au cœur des échanges avec le médiateur africain, la C64 a défendu une lecture globale de la crise congolaise. Pour elle, les violences qui ravagent l’est du pays ne constituent pas l’origine du problème. «La guerre n’est pas la cause de la crise congolaise; elle en est la conséquence la plus tragique», a soutenu la plateforme.
La coalition estime que le pays est confronté à une crise systémique où s’entremêlent dégradation de la gouvernance, fragilisation des institutions, crise de légitimité politique, défis sécuritaires et tensions constitutionnelles.
Dans cette logique, la coalition considère que les différentes initiatives diplomatiques engagées ces dernières années ont montré leurs limites en privilégiant essentiellement les dimensions militaires et sécuritaires sans s’attaquer aux racines politiques de la crise.
LA C64 FAVORABLE AU DIALOGUE
C’est précisément pour cette raison que la C64 affirme rester favorable au dialogue, tout en rejetant toute négociation qui ignorerait les causes profondes des blocages actuels.
«Nous dialoguons avec tous ceux qui recherchent sincèrement la paix. Mais, nous ne transigerons jamais sur la Constitution, l’État de droit et la souveraineté du peuple congolais», ont martelé ses dirigeants.
La plateforme pose néanmoins plusieurs préalables qu’elle juge indispensables à l’ouverture d’un dialogue crédible. Elle exige notamment le renoncement public et définitif au projet de révision de la Constitution qu’elle attribue au président Tshisekedi. Elle réclame également la libération des prisonniers politiques, la fin des poursuites judiciaires qu’elle qualifie de politiques, le respect des libertés publiques ainsi qu’une véritable décrispation du climat politique.
«On ne construit pas un dialogue sous la répression ni dans la violation permanente de la Constitution», a insisté la coalition, estimant que la confiance ne peut renaître qu’à travers des actes concrets de bonne foi.
Les responsables de la C64 ont, par ailleurs, indiqué que le président Évariste Ndayishimiye leur a assuré qu’il transmettrait fidèlement leurs préoccupations au président Félix Tshisekedi dans le cadre de la médiation conduite par l’Union africaine.
"NOTRE LUTTE DEMEURE"
Refusant toute lecture d’un rapprochement politique avec le pouvoir, la coalition affirme que sa participation à "cette rencontre ne constitue ni une concession ni un changement de cap".
«En acceptant cette invitation, la C64 n’a ni négocié ses convictions ni marchandé son combat. Notre lutte demeure celle de la défense de la République, de la Constitution et de la souveraineté populaire», a-t-elle déclaré.
La plateforme renouvelle sa disponibilité à contribuer, sous l’égide de l’Union africaine et de toute médiation qu’elle jugera crédible, à une solution politique globale permettant de restaurer durablement la paix, l’unité nationale et l’ordre constitutionnel. Elle a, dans le même temps, confirmé le maintien de la marche pacifique prévue le 22 juillet, présentée comme une mobilisation citoyenne en faveur du respect de la Constitution, de la démocratie et de l’État de droit.
Jérémie ASOKO