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ARCHIDIOCESE DE KINSHASA : Des voix s’élèvent pour solliciter la béatification de Jean-Marie Kusukila
*A la paroisse Notre-Dame de Fatima, les fidèles ont honoré la mémoire de ce chrétien qui, sa vie durant, à accompagner plus de 400 couples dans le mariage.
Il aimait qu’on l’appelle «Sentinelle des autres». Chrétien engagé, homme de foi, défenseur du mariage chrétien, Jean-Marie Kusukila Mayika s’est éteint à 71 ans le samedi 8 mars dernier à Kinshasa. Sa disparition a aussitôt ému des milliers de chrétiens de la paroisse Notre-Dame de Fatima qui sont allés lui rendre un dernier hommage dans l’enceinte de cette paroisse de la commune de la Gombe.
Ceux qui l’ont fréquenté sa vie durant admirent l’engagement de ce chrétien qui a eu la grâce d’accompagner plus de 400 couples dans la célébration de leur mariage religieux. C’était aussi un croyant modèle qui n’hésitait pas à prodiguer des conseils à de nombreux foyers en difficulté. Les souvenirs sont si vifs que des voix s’élèvent pour solliciter sa béatification et l’immortaliser à travers une fondation.
«Jean-Marie Kusukila se souciait profondément des autres et savait garder les commandements de Dieu. Aimer son prochain, s’accrocher à lui, était une priorité quotidienne pour ce parent qui prenait plaisir à partager son savoir-vivre et son savoir-être. En véritable conseiller conjugal, il donnait de très bons conseils à qui voulait le recevoir», commente un fidèle de la paroisse Notre-Dame de Fatima.
A la tête de la commission Mabota
«Pendant trois décennies, Jean-Marie Kusukila a consacré sa vie au service de l’Église. Dès son jeune âge, il a tenu à se dévouer pour Dieu et pour son prochain en tâchant de mener une vie digne. Il a ainsi marqué plusieurs générations au point où le Cardinal Fréderic Etsou lui a confié la charge de piloter la Commission de la pastorale du mariage et de la famille dans les différentes paroisses de Kinshasa», témoigne un autre fidèle.
Avec l’actuel Cardinal, Mgr Fridolin Ambongo, Archevêque métropolitain de la Ville-province de Kinshasa, il a gravi tous les échelons, jusqu’à occuper le poste le plus élevé, celui de Coordonnateur de la Commission diocésaine de la pastorale du mariage et de la famille. Commission communément appelée ‘‘Mabota’’ (Famille).
Humble, discret, dévoué, obéissant, il a présidé à plusieurs reprises diverses commissions ecclésiales, notamment les jeunes catholiques, le groupe des prétendants au mariage et les différents groupes de Bilenge ya Mwinda (Jeunes de lumière).
Engagé dans la formation des jeunes
Outre son engagement à l’Eglise, Jean-Marie Kusukila a également marqué le domaine de l’éducation où il a formé l’élite de ce pays. Il a ainsi assumé la fonction de préfet des études dans plusieurs écoles catholiques conventionnées et, plus récemment, celle de Chef d’établissement du Collège Saint-Esprit, dans la commune de Lemba.
Artiste, écrivain, philosophe et enseignant au niveau secondaire, il était aussi Chef des Travaux à l’Institut Supérieur Cardinal Malula, consacrant ainsi toute sa vie à la formation de l’élite congolaise.
Sa disparition en ce début de Carême apparaît comme le reflet de la vie qu’il a menée sur terre : une vie de prière, d’humilité et d’attachement à Dieu. Jean-Marie Kusukila recevait chaque jour de la semaine le Corps du Christ, incarnant un modèle de foi et de pardon.
En ce temps de Carême, sa mort n’effacera jamais sa présence. Car, il continuera à rayonner à travers ses idées, ses ouvrages légués à l’église et son engagement à l’église.
Des signes du temps
Pour ceux qui savent lire les signes du temps, plusieurs événements ont marqué la journée de son inhumation : une pluie inattendue est tombée durant la messe de suffrage, et, à la sortie de l’église, le corbillard, chargé d’acheminer son corps au cimetière de la Gombe est tombé en panne.
Comme un dernier clin d’œil, signe de son engagement à l’Eglise, c’est une jeep de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM), conduit par un jeune Prêtre, Père Emmanuel Inroung, cicm, chauffeur improvisé, qui a finalement transporté son corps.
Arrivé au cimetière, un autre signe s’est manifesté : l’abbé désigné pour les absouts et la prière finale était absent. C’est encore une jeune Prêtre à peine ordonné, le Père Yannic Mpolongeli, de la CICM et Curé intérimaire de Fatima, qui a fait les absouts et a donné la bénédiction finale avant l’inhumation.
Mort pour Dieu pour la Vie éternelle
Dans son homélie, l’Abbé Aloïs Konde, Coordonnateur du Centre pastoral Lindonge, a rappelé que des milliers de fidèles rassemblés à Notre-Dame de Fatima n’étaient pas là pour pleurer la mort de Jean-Marie Kusukila, mais pour célébrer sa vie. «Jean-Marie est mort pour Dieu, pour la Vie éternelle», a-t-il déclaré.
A la veille de cette messe de suffrage, Mgr Carlos Ndaka, Evêque auxiliaire et Vicaire Général de l’Archidiocèse de Kinshasa, a reconnu que la paroisse Notre-Dame de Fatima vient de perdre un chrétien modèle, engagé à l’église et très dynamique dans l’apostolat des prétendants aux mariages religieux et de famille.
S’adressant à la veuve Marie-Josée Nzoloko, le Prélat l’a exhorté «à devenir une femme de la foi, de la consolation... Une femme forte qui porte le flambeau de la foi, capable de relever les défis et de continuer la lutte et le travail de son mari».
Ces paroles réconfortantes ont fait naître l’espoir chez de nombreux fidèles. Espoir d’une possible béatification de celui qu’ils considèrent désormais comme un modèle de foi et un exemple de sainteté. Car, sa vie n’a cessé d’inspirer beaucoup.
Yves KALIKAT