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AFIN D’ERADIQUER LA MPOX : MSF appelle à prendre en compte les besoins de la population
A l’est de la République démocratique du Congo, pour les déplacés qui vivent dans des sites l’épidémie de la Mpox est un défi de plus dans un quotidien déjà précaire. C’est du moins ce qu’estime le Dr Tejshri Shah, directrice générale de MSF et pédiatre spécialisée dans les maladies infectieuses, à son retour du Nord-Kivu.
Pour l’expert, il sera difficile voire impossible d’endiguer le virus dans les sites de déplacés si l’on n’écoute pas les besoins des populations et si l’on n’améliore pas leurs conditions de vie épouvantable. « tous ceux qui ont trouvé refuge dans les sites de déplacés, l’épidémie de Mpox n’est qu’un défi de plus dans un torrent de problèmes ».
De l’avis du Dr Tejshri Shah, pour relever le nouveau défi que représente la Mpox, il faut de toute urgence améliorer les conditions de survie des gens en apportant une réponse adaptée à leurs besoins spécifiques et aux défis qu’ils rencontrent dans la vie réelle.
« Cela commence par les écouter. Comprendre leurs besoins. Et mettre à leur disposition ce qui est nécessaire pour le contrôle des infections : eau, savon, désinfectant, installations sanitaires. Ce sont des choses simples mais essentielles. Nous ne pouvons pas compter uniquement sur l’arrivée des vaccins pour résoudre le problème », précise la spécialiste des maladies infectieuses.
Une réponse adaptée aux besoins
Ces vaccins, insiste-t-elle ne constitueront pas une solution miracle les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux doivent également se pencher de toute urgence sur les fondements de la réponse à la Mpox, qui doit être adaptée aux besoins et aux réalités de la population.
« Comment peut-on attendre de familles qui vivent dans de minuscules abris, sans eau ni installations sanitaires adéquates, voire sans savon, qu’elles mettent en œuvre les mesures préventives préconisées ? Comment des enfants souffrant de malnutrition peuvent-ils avoir la force de lutter contre les complications de la Mpox ? Et comment pouvons-nous espérer que cette variante – qui se transmet notamment par contact sexuel – ne se propage pas dans les sites de déplacement, étant donné les niveaux dramatiques de violence sexuelle et d’exploitation qui touchent les filles et les femmes ?, s’insurge Dr Tejshri Shah.
MSF a dénoncé à de nombreuses reprises les conditions de vie inhumaines dans ces sites, ainsi que les lacunes flagrantes de la réponse humanitaire. Plus de deux ans après le début de la crise dite « M-23″et les déplacements massifs qu’elle a provoqués, les personnes qui vivent dans les sites surpeuplés manquent toujours de tout : nourriture, eau, sécurité, articles d’hygiène de base, ainsi que l’accès à l’assainissement et aux soins de santé.
Entre-temps, afin de limiter la propagation de la maladie, MSF en collaboration avec les autorités sanitaires, fait de son mieux pour fournir des soins et sensibiliser les personnes vivant sur les sites.
Fyfy Solange TANGAMU