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Voitures électriques chinoises : Les tarifs de l’UE révèlent un « aveu de puissance »
(Note de l’éditeur : Cet article reflète le point de vue de l’auteur Gagne O’scawn Pierre Pibarod et pas nécessairement celui de CGTN.)
Après les États-Unis, c’est au tour de l’Union Européenne d’imposer des tarifs douaniers aux véhicules électriques (VE) chinois. Il s’agit, selon la Commission européenne, de réagir à ce qu’elle considère comme une « production excessivement subventionnée » par la Chine. Néanmoins, cette décision est loin de faire l’unanimité en Europe, tant parmi les dirigeants, que parmi les constructeurs automobiles. Si certains y voient un moyen efficace de protéger l’industrie européenne contre les véhicules électriques chinois à bas prix, d’autres ne jugent pas la mesure nécessaire, au vu des objectifs écologiques de l’Europe, et en raison de potentielles représailles qui pourraient menacer les importants intérêts des constructeurs européens en Chine, sans compter le fait que plusieurs constructeurs européens importent leurs propres véhicules fabriqués en Chine. Pour sa part, la Chine préconise une coopération gagnant-gagnant avec l’UE, plutôt qu’une nouvelle bataille commerciale qui ne profiterait à personne.
Même si cette nouvelle barrière dressée contre les véhicules électriques chinois ne devrait pas atteindre les proportions des tarifs américains, elle révèle ce que l’on pourrait qualifier d’« aveu de puissance », c’est-à-dire une forme de protectionnisme sur la base d’allégations émises de manière unilatérale. C’est ce que souligne le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, en déclarant que les accusations de « concurrence déloyale » contre la Chine sont sans fondement et que la concurrence loyale est le consensus de tous les pays et la pierre angulaire des échanges internationaux, et qu’elle ne peut pas être définie par une poignée de pays. Une caractéristique importante de l’« aveu de puissance », c’est donc d’attribuer de mauvaises pratiques au concurrent, au lieu de chercher à améliorer sa propre compétitivité, ce qui garantirait une saine concurrence.
En plus de sa détermination à rechercher le consensus par la négociation, la Chine devrait pouvoir anticiper davantage de barrières dans sa poursuite d’un développement de qualité. Puisque les barrières iront vraisemblablement en grandissant, les entreprises chinoises gagneraient à trouver des stratégies pour les contourner. La production locale déjà planifiée de véhicules électriques en Europe, et les joint-ventures entre constructeurs chinois et européens, constituent des pistes de solutions à explorer. Enfin, les entreprises chinoises peuvent tout de même se réjouir du fait que ce n’est pas la qualité de leurs produits qui est remise en cause, preuve que le « Made in China » devient graduellement un gage de qualité au plan international, au point d’occuper le leadership dans plusieurs secteurs clés et stratégiques de l’économie mondiale. Et si c’était cela au fond, le véritable « aveu de puissance » ?
(Photo : VCG)