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Vivement une journée fériée en mémoire des victimes du Genocost
Durant plus de 30 ans, la République démocratique du Congo compte plusieurs millions de victimes d'atrocités, principalement dans sa partie septentrionale. Touché par cette situation dramatique, le Président Félix Tshisekedi a décrété le 2 août comme journée nationale du génocide congolais (Génocost).
Mais, vu l’ampleur des crimes et leurs conséquences collatérales, plusieurs voix s’élèvent pour que la date du 2 août soit décrétée journée chômée et payée en RDC.
"Cette décision sera la meilleure façon de rendre un hommage mérité aux millions de victimes de la barbarie commise par des hors-la-loi, qui ont profité de l’insécurité créée dans l’Est pour piller les ressources naturelles du pays, particulièrement les minerais stratégiques dont regorge ce coin de la République", commente un observateur.
Pourquoi le 2 août? D’aucuns se souviendront qu’un certain 2 août 1998, les troupes rwandaises venues à la rescousse de certains Africains qui se sont attribué la nationalité congolaise, ont attaqué la base navale de Kitona (Kongo Central) qu’ils ont occupée après avoir massacré les militaires congolais qui y étaient positionnés. C’était le début d’un abominable génocide dont les conséquences se font sentir jusqu’à ce jour.
Comme auteurs intellectuels de cette barbarie, les fondateurs d’un mouvement politico-militaire, baptisé "Rassemblement congolais pour la démocratie" (RCD).
Farouche résistance
Après le Kongo Central, ces hors-la-loi ont atteint la ville de Kinshasa dans l’intention de destituer le régime en place, dirigé par feu Laurent-Désiré Kabila. Mais dans la capitale, ils ont été surpris par une farouche résistance de la population, surtout celle de la Tshangu qui, sans armes, leur a fait voir de toutes les couleurs.
Après cette débandade à l’Ouest, ils se sont repliés à l’Est où ils commettent toutes sortes d’atrocités et abominations en multipliant des mouvements génocidaires, notamment le Congrès national du peuple (CNDP) et le Mouvement du 23 mars (M23) avec des dirigeants aussi obnubilés tels Bosco Ntaganda, Laurent Nkundabatware...
Perenniser la mémoire collective
Le but de la consécration de cette date est de pérenniser la mémoire collective et sensibiliser les générations futures sur les événements macabres qui ont émaillé l’histoire de notre pays. Comme nous le savons, la RDC a connu des moments tumultueux avant comme après son accession à la souveraineté nationale et internationale. Certaines dates sont immortalisées. Le cas du 4 janvier, qui rappelle la répression des manifestants de la place YMCA en 1959, et le 30 juin, date de la proclamation de l’indépendance en 1960.
D’autres dates historiques, comme celles du 16 février 1991 devraient également être inscrites sur le calendrier des jours fériés en RDC. On se souviendra que ce dimanche-là, à l’occasion d’une marche pacifique pour réclamer la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS), des milliers de chrétiens ont été sauvagement réprimés par la garde du maréchal Mobutu. Le bilan exact des victimes de cette barbarie n’a jamais été connu.
Pour revenir au Génocost, la commémoration de cette journée ne devrait pas se limiter dans un cadre restreint, comme cela a été le cas, pour la troisième fois, le 2 août dernier. Elle devrait s’étendre à tout le territoire national pour permettre à tous les Congolais d’intérioriser ces tristes événements. D’ailleurs, cette date tombe bien dans la chronologie des jours fériés, étant donné que le 1er août c’est-à-dire la veille, c’est la commémoration des parents morts.
Muke MUKE