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UN DES BIOGRAPHES DU "VIEUX BOKOUL" , Didier Bokelo : "Papa Wemba m'a marqué par ses qualités humaines et artistiques"
Au lendemain de la célébration du 10ème anniversaire de la disparition du créateur et patron de l’orchestre Viva La Musica, l’écrivain Didier Bokelo, l’un des biographes du "Vieux Bokoul" a décidé de délier sa langue, de témoigner sur la vie de cette vedette musicale à qui il a dédié un ouvrage. "Papa Wemba m’a marqué par ses qualités humaines et artistiques", confie-t-il à "Forum des As".
"Papa Wemba m’a toujours marqué. Surtout au travers de ses deux univers parallèles : l’homme, M. Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba avec ses qualités humaines et l’artiste musicien Papa Wemba avec ses qualités artistiques", a-t-il avoué.
"En rapport avec ses qualités humaines, je garde de Papa Wemba l’image d’un homme qui a toujours rassemblé autour de lui plusieurs catégories des personnes. Il a vécu aussi bien aux côtés des intellectuels que des démunis. Surtout des enfants en situation de rue, communément appelés des "shégués"", explique Didier Bokelo.
"En tant qu’artiste musicien, l’homme m’a marqué par ses qualités artistiques. Il a pu embrasser pratiquement plusieurs dimensions musicales et s’est toujours adapté à jouer plusieurs styles", commente cet agronome de formation.
L’IDÉE D’UN OUVRAGE
"J’ai connu Papa Wemba à la télé, comme tout enfant de l’époque. J’ai grandi dans les sphères musicales, étant natif de Moïse. J’étais intéressé par la musique de manière générale. En particulier, celle de Papa Wemba", révèle l’écrivain.
"En 2008, j’ai commencé déjà à nourrir l’ambition de rédiger un ouvrage sur lui. En 2010, j’ai pris contact avec l’artiste, au travers d’un ami médecin. Je l’ai appelé. Et il m’a accueilli au téléphone comme si on se connaissait déjà. Et il m’a fixé rendez-vous. Je suis allé le rencontrer pour la première fois, à la gare centrale, vers Beach Ngobila, où il organisait des séances répétition de son groupe. Nous avons pris rendez-vous. Je lui ai expliqué le projet. Il l’a accueilli à bras ouverts. Et on a commencé à travailler. On a peaufiné la rédaction. Moi, je rédigeais tenant compte d’un certain nombre de témoignages et anecdotes que je recevais de lui".
"Papa Wemba était ouvert. Il m’avait bien accueilli. Ce qui m’avait beaucoup marqué, c’est que, chaque fois que j’allais chez lui, aucune fois, il ne m’a demandé d’arrêter, qu’il était fatigué. Il était disponible. Il me disait, c’est toi le biographe, moi je suis à ta disposition. Il m’accueillait. Et cela m’a beaucoup marqué. Je garde donc une bonne image du personnage Papa Wemba. Il m’a considéré vraiment comme étant son fils. Le courant passait bien entre nous".
L’OUVRAGE PROPREMENT DIT
Parlant de la biographie de Papa Wemba, l’auteur en explique brièvement le contenu, la parution et quelques souvenirs avec l’artiste. "J’ai écrit un ouvrage intitulé : Papa Wemba, icône de la musique africaine, de génération en génération. L’harmattan, en France. La version française a été publiée en octobre 2016, et celle anglaise en juillet 2019. Il est disponible sur toutes les plateformes de vente en ligne".
Dans ce livre, l’auteur a essayé "d’une manière ou d’une autre de faire la biographie de celui qu’on appelait affectueusement "Vieux Mzee Fula ngenge", "KuruYaka", "Formateur des idoles"... Il a insisté sur les deux univers parallèles".
La particularité de cet ouvrage est que l’auteur a recueilli un certain nombre de témoignages et anecdotes confiés par l’artiste lui-même. "C’est un ouvrage qui a été rédigé avec l’artiste au départ. C’est ce qui fait la différence avec les autres écrits que cet artiste a eu à exploiter sur l’artiste".
"Aujourd’hui, je suis très fier d’être considéré parmi les écrivains ou les biographes qui ont écrit sur Papa Wemba. Je suis très fier d’avoir immortalisé l’artiste et je suis très fier de mon œuvre. Cet ouvrage m’a donné plusieurs opportunités. Et parmi lesquelles, j’ai été invité à participer à une semaine d’activité culturelle organisée par la Francophonie au Kenya en 2017. Sur place, j’ai eu à exposer sur cet ouvrage. J’ai aussi abordé l’aspect Sape/Nd. Société des "sapeurs" et des personnes élégantes, dont Papa Wemba était un des précurseurs. Cela m’a permis de publier la version anglaise de l’ouvrage. Étant donné que le Kenya est un pays anglophone et que les kenyans étaient intéressés à lire sur Papa Wemba", raconte le biographe.
BON ACCUEIL
"L’entourage de Papa Wemba avait bien accueilli l’ouvrage paru quelques mois après sa disparition. Certains ont aussi regretté que je n’aie pas pu recueillir aussi leurs témoignages à eux sur l’artiste". C’est vrai que j’étais un peu limité dans le temps et aussi les moyens pour pouvoir avoir tout le monde par rapport aux différents témoignages sur l’artiste", se souvient Didier Bokelo. "Sa femme particulièrement avait bien accueilli l’ouvrage", poursuit-il.
"Mais également, un certain nombre de ses collaborateurs avec qui je suis resté en contact, pendant la rédaction, et juste après son décès. Parce que l’ouvrage couvre pratiquement toute l’histoire de Papa Wemba jusqu’à sa mort. Et certains de ses collaborateurs, particulièrement, Conelly Malongi, m’ont beaucoup aidé aussi à pouvoir compléter une partie de l’histoire de l’artiste".
Après le départ de Papa Wemba, cet homme de culture est resté proche de l’orchestre Viva la Musica. "Comme opérateur culturel, j’ai eu à diriger groupe Viva la Musica durant 8 années après le décès de Papa Wemba en tant que Directeur. J’ai conduit ce groupe au Festival de Musique d’Anoumabo (FEMUA) à Abidjan, en Côte d’Ivoire en mai 2022. Sur place, j’ai passé une interview sur France 24 en direct".
À travers cette confidence à "Forum des As", l’auteur a tenu à saluer la mémoire de l’icône de la musique congolaise Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba dit "Papa Wemba". Cet homme qu’il a côtoyé et avec qui il a partagé quelques temps, lors de la rédaction de sa biographie, avant qu’il ne quitte cette terre des hommes en 2016 en Côte d’Ivoire, sans avoir assisté à la publication de l’ouvrage qui lui a été dédié.
Né le 14 juin 1949 à Lubefu, dans l’actuelle province du Sankuru, Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba a quitté la terre des hommes, après s’être effondré sur scène à Abidjan, le 24 avril 2016, micro à la main, en plein concert.
Propos recueillis par Aimé TUTI