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Tshisekedi s'apprête à renouveler l'Exécutif face aux défis nationaux
* Un remaniement gouvernemental attendu dans un climat de crise sécuritaire, de tensions sociales et d'appels au dialogue national.
Près de cinq mois après avoir annoncé devant les siens sa volonté de former un nouveau gouvernement, le président Félix-Antoine Tshisekedi est sur le point de concrétiser sa promesse. Selon des informations révélées par Jeune Afrique le samedi 26 juillet dernier, le chef de l'État congolais devrait officialiser dans les prochains jours, la mise en place du gouvernement Suminwa II, reconduisant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à la tête de l'Exécutif.
Le futur gouvernement, apprend-t-on de sources proches de la Cité de l'Union africaine, sera à la fois resserré avec un nombre de ministres réduit et élargi à d'autres forces sociopolitiques, en vue de renforcer l'adhésion nationale sur fond de crise sécuritaire, de malaise social généralisé et de mécontentement politique.
Ce remaniement est l'aboutissement d'un long processus initié en mars dernier, lorsque le professeur Eberande Kolongele, conseiller spécial du président en matière de sécurité, avait été chargé de conduire des consultations politiques.
Ces discussions, qualifiées par certains observateurs de tentative de cooptation nationale, avaient pour objectif de poser les bases d'un gouvernement d'union dans le cadre de la majorité présidentielle élargie, communément appelée "Union sacrée".
Toutefois, les principales figures de l'opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi et Delly Sessanga, n'y avaient pas pris part, jugeant les conditions peu propices à un réel consensus politique.
La reconduction de Suminwa
Selon Jeune Afrique, la reconduction de Judith Suminwa à la primature ne fait plus de doute, mais le président de la République a souhaité revoir en profondeur la composition du gouvernement.
Plusieurs portefeuilles-clés pourraient changer de main, notamment ceux liés à la défense, à la sécurité, aux finances, à l'économie et à l'agriculture. Cette restructuration vise à améliorer l'efficacité de l'action gouvernementale et à répondre aux attentes croissantes des populations.
Dans l'opinion publique, les attentes sont immenses. Dans l'Est, les populations continuent de subir les affres de la guerre, malgré la signature récente d'un accord de paix avec le Rwanda sous l'égide des États-Unis.
À l'Ouest et dans le Centre du pays, la colère gronde face au chômage endémique, à la flambée des prix, à l'effondrement des services publics et à l'érosion continue du pouvoir d'achat.
L'appel des Églises pour un " Pacte social pour la paix "
Conscients des limites des arrangements politiques traditionnels, plusieurs leaders religieux congolais, réunis autour de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et de l'Église du Christ au Congo (ECC), ont proposé la mise en place d'un dialogue national inclusif.
Cette initiative, baptisée "Pacte social pour la paix", vise à créer un cadre de concertation indépendant du pouvoir, pour examiner, de manière franche, et transparente, les causes profondes de la crise actuelle.
Félix Tshisekedi, dans une posture d'écoute apparente, a autorisé une équipe de son cabinet à participer aux travaux préparatoires lancés par les deux confessions religieuses.
Un rapport de synthèse des échanges est attendu dans les prochains jours, avant que le chef de l'État ne tranche sur l'éventuelle convocation d'un dialogue politique formel.
Entre recomposition politique et urgences nationales
En toile de fond, les Congolais attendent surtout un changement tangible dans leur quotidien : accès à l'eau potable, électricité, écoles, soins de santé, sécurité, emplois décents.
La multiplication des plaidoyers des organisations sociales, comme l'ONG "Toile d'araignée", "Congo n'est pas à vendre" les Consommateurs lésés ou les appels pressants des Églises, traduisent un sentiment d'urgence nationale.
Ce nouveau gouvernement ne sera pas seulement un acte politique. Ce sera, plus que jamais, un test de leadership et de vision. Un moment charnière dans un mandat qui s'est ouvert sur des promesses de rupture, mais qui se confronte désormais aux dures réalités d'un pays en quête de paix, de justice et de développement.
Christian-Timothée MAMPUYA