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Trump réussira-t-il où les autres ont échoué ?
*"Si le président américain met fi à cette guerre, je serai le premier à voter pour son Prix Nobel", promet Félix Tshisekedi.
C'est confirmé. La signature de l'accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda aura lieu ce vendredi 27 juin à Washington. L'annonce a été faite le mercredi 25 juin par le Président américain Donald Trump, au Sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), tenu à La Haye au Pays-Bas.
La cérémonie de la signature dudit accord, précise la source, se tiendra à Washington entre les ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères, en présence du secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.
A en croire Donald Trump, l'accord incluera également un partenariat stratégique économique entre les Etats-Unis d'Amérique et la RDC pour une période de 15 ans". Ce qui facilitera, en conséquence, l'attraction d'investisseurs miniers et autres dans le pays du président Félix Tshisekedi.
En prélude à la signature de cet accord de paix, apprend-on du média en ligne Actualite.cd, citant des sources locales, une première équipe congolaise séjourne déjà sur le sol américain. La délégation conduite par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Wagner Kwayikwamba, est composée des membres de la Présidence et du ministère des Affaires étrangères.
Côté de la Présidence, on cite M. Patrick Luabeya, président de l'Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (Arecoms), Sumbu Sita, Haut représentant du Chef de l'Etat, ainsi que le général-major Augustin Mamba Mubiayi, commandant du Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD).
" Si Trump met fin à cette guerre, je serai le premier à voter pour son prix Nobel ", a promis le président Félix Tshisekedi dans une interview accordée dans un media international.
Le dirigeant américain a fait cette confirmation devant la presse, à l'issue du sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan), qui s'est clôturé le mercredi 25 juin, à la Haye, aux Pays-Bas, Il a précisé que " cet accord va également inclure
" LE RWANDA EST ENTRE EN RDC AVEC DES MACHETTES "
Au sommet de l'Otan, le conflit RDC-Rwanda s'est invité à visage découvert. Donald Trump a profité de la tribune de ce sommet réunissant 32 nations, pour faire une déclaration inattendue sur ce conflit, le qualifiant de " guerre à la machette terrible " que Kigali a lancée dans l'Est de la RDC, soldée par des mutilations. Il a enfoncé Paul Kagame dans son rôle majeur dans cette guerre, en pointant directement la responsabilité du Rwanda : " Le Rwanda est entré au Congo et a tué des populations avec des machettes, et personne n'a rien fait ; avec des mutilations terribles, mais on y a mis fin aussi ", a-t-il déclaré d'un ton ferme, depuis la tribune de l'Otan, plongeant la salle dans un silence glaçant.
En s'exprimant ainsi, le président américain a mis un accent particulier sur les atrocités commises par l'armée rwandaise lors des offensives armées dans l'Est du territoire congolais. Notamment, les actes de violences impliquant des civils. Il n'a pas, cependant, précisé les conditions exactes de la fin de ces hostilités qui durent des décennies, mais a toutefois laissé entendre que les efforts diplomatiques en cours avaient permis d'arrêter l'escalade. Une implication que Paul Kagame a toujours niée, en dépit de différents rapports onusiens rendus publics à ce sujet.
Lors d'une sortie médiatique le week-end dernier, Donald Trump avait revendiqué un Prix Nobel de la paix pour ses efforts à taire les armes à travers le monde entier, en l'occurrence en RDC, en Serbie, au Kosovo, et maintenant au Moyen-Orient…
Ainsi qu'on peut le remarquer, habituellement centré sur des questions euro-atlantiques, ce sommet de l'Otan a ainsi été marqué par un clin d'oeil rare sur les affaires africaines. La déclaration de Trump témoigne de l'importance stratégique que son administration semble désormais accorder à la région des Grands Lacs où les Américains comptent revenir avec notamment le partenariat qu'ils vont signer avec les Congolais.
TRUMP REUSSIRA-T-IL OU LES AUTRES ONT ECHOUE ?
Le conflit RDC-Rwanda aura épuisé le lexique diplomatique depuis son début vers les années 2002. D'accords en accords, la situation sur le terrain n'a guère évolué dans le sens de ramener la paix et la stabilité tant réclamées à cor et à cri par la partie congolaise. Bien au contraire, les hostilités ont atteint leur paroxysme, causant des millions de morts et des milliers de déplacés civils congolais. Le tableau synoptique, mieux le livre blanc de ces affrontements armés donne de la sueur froide.
Instruits par l'expérience, nombre d'observateurs et autres spécialistes de la question rd Congolaise, ne se leurrent pas.
Donald trump réussira-t-il où les autres médiateurs de la Région et de la Sous-région ont plusieurs fois échoué ? La question reste suspendue sur les lèvres de plus d'un observateur. Loin de toute posture d'optimisme béat, cette question vaut son pesant d'or, quand on sait que Kigali n'a jamais respecté sa parole, en dépit du principe sacro-saint du droit international "pacta sunt servanda", obligeant les Etats à respecter les traités auxquels ils sont parties.
On rappelle que l'article 26 de la Convention de Vienne sur le droit des traités consacre ce principe en stipulant que "tout traité en vigueur lie les parties et doit être exécuté par elles de bonne foi". Quoi que l'on dise, à toute chose, il faut considérer la fin.
L'accord à signer ce jour entre Kinshasa et Kigali, serait le résultat de plusieurs mois des négociations avec pour objectif de mettre un terme au conflit armé, aux accusations de soutien aux groupes rebelles et à l'instabilité dans la région.
On rappelle que le 18 juin, les équipes techniques de la RDC et du Rwanda ont paraphé, toujours à Washington, l'accord de paix sous la médiation de l'administration Trump et en présence d'un représentant du Qatar. Cette cérémonie était organisée en présence d'Alison Hooker, secrétaire d'Etat adjointe aux affaires politiques. Le texte paraphé le mercredi dernier, s'appuie sur la déclaration des principes signée le 25 avril dernier, fruit de trois jours de dialogue "constructif" entre les délégations congolaise et rwandaise.
Cet accord prévoit notamment le respect de l'intégrité territoriale et l'interdiction des hostilités, le désengagement et désarmement des groupes armés non étatiques, le retrait des éléments de l'armée rwandaise du territoire congolais dans un délai de 30 jours ainsi qu'une intégration inconditionnelle de certains éléments. Il prévoit, en outre, la création d'un Mécanisme conjoint de Coordination sécuritaire basé sur le concept d'opérations (Conops) du 31 octobre.
PARTENARIAT STRATEGIQUE ECONOMIQUE AVEC LES ETATS-UNIS
En plus de l'accord de paix à signer avec le Rwanda, la RDC va également signer un partenariat stratégique économique avec les Etats-Unis d'Amérique.
Au sujet de l'accord, l'ambassadrice des Etats-Unis en RDC, Lucy Tamlyn s'est prononcée, envisageant des jours meilleurs pour les deux partenaires: " C'est un accord qui va permettre à la RDC d'avoir des investissements ressources ", avait-elle prédit. " Il s'agit de plusieurs échanges entre les deux pays dans cet accord. Plusieurs questions sont en train d'être abordées, notamment dans le secteur privé en ce qui concerne l'espace minier. C'est un accord qui sera bénéfique pour les deux pays. Tout, il assurera aux Etats-Unis l'accès à des matières critiques et, pour la RDC, il permettra d'attirer davantage d'investissements responsables qui respecteront les lois congolaises".
Tout en précisant qu'une fois signé, ce partenariat permettra également à la RDC de bénéficier des avantages quant aux prix de ses produits lors des échanges commerciaux avec les Etats-Unis.
La diplomate américaine s'exprimait ainsi en marge de l'événement organisé le mardi 24 juin sur les enjeux contemporains des relations internationales en RDC et dans le monde.
Kléber KUNGU