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Sud-Kivu : MSF vaccine plus de 8.000 personnes contre le choléra à Lomera
Début mai, Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une intervention d'urgence pour répondre à une épidémie de choléra à Lomera, dans la province du Sud-Kivu. Plus de 8.000 personnes ont été vaccinées et plus de 600 autres traitées. Les équipes ont travaillé sans relâche pour soigner les malades et améliorer l'accès à l'eau potable. Une épidémie causée par la surpopulation de ce village depuis la découverte, en décembre 2024, de l'or dans les collines environnantes.
Les 13 premiers cas à Lomera ont été signalés le 20 avril. En deux semaines, ce chiffre a bondi de plus de 700 % pour atteindre 109 cas, un nombre probablement sous-estimé. MSF a été la principale organisation internationale à intervenir, déployant une réponse d'urgence le 9 mai. Elle s'est efforcée à contenir l'épidémie, en seulement quatre jours, plus de 8.000 personnes ont été vaccinées mais, faute de doses suffisantes, une seule dose a pu être administrée au lieu des deux recommandées.
Plus de 600 personnes, dont une grande partie arrivant dans un état critique, ont été soignées dans une Unité de traitement du choléra (UTC), une structure temporaire de 20 lits installée par l'organisation médicale. "La grande majorité de nos patients travaillent dans les mines, où ils utilisent l'eau contaminée du lac pour séparer l'or de la terre, s'exposant ainsi à la bactérie", explique le Dr Théophile Amani, médecin MSF à Lomera. " Le travail manuel pénible et la consommation élevée d'alcool font que beaucoup sont déjà déshydratés avant même d'être infectés. "
Distribution de kits d'hygiène
Après leurs traitements, les patients reçoivent de la part des équipes MSF des kits d'hygiène notamment des seaux, pastilles de purification d'eau et du savon ainsi qu'une sensibilisation et des informations essentielles afin de prévenir de futures infections.
Bonheur Maganda, 25 ans, originaire de Kabamba, est l'un de ces patients. Il est venu travailler dans les mines pour subvenir aux besoins de ses enfants. Il raconte que nombre de ses collègues sont aussi tombés malades. " Sans MSF, beaucoup seraient morts ", témoigne-t-il. " L'agent de promotion de santé m'a expliqué l'importance de me laver les mains avec de l'eau propre et de faire attention à la nourriture. Je partagerai ces conseils avec les autres."
une station de traitement et de distribution d'eau au bord du lac
MSF a également installé une station de traitement et de distribution d'eau au bord du lac, fournissant environ 60 000 litres d'eau potable par jour. 100 latrines ainsi que 25 points de lavage des mains supervisés par des promoteurs de la santé, ont été mis en place dans le campement, notamment dans les restaurants et lieux publics. La recherche active des contacts et le traitement préventif des personnes exposées au choléra ont été essentiels pour contenir la propagation.
L'intervention d'urgence de MSF sera bientôt transférée à d'autres partenaires, mais il est urgent de trouver des solutions durables pour garantir l'accès continu à l'eau potable." Sans investissements conséquents dans les infrastructures d'eau, d'assainissement et d'hygiène (Wash), des flambées comme celle-ci risquent de se répéter régulièrement ", alerte Muriel Boursier, cheffe de programme MSF Sud-Kivu et Maniema. " Actuellement, le puits le plus proche se trouve à trois kilomètres. Les partenaires internationaux et les autorités locales doivent se mobiliser pour mettre en place des solutions durables. " Aujourd'hui, cette localité concentre 95 % des cas de choléra de la zone de santé de Katana, qui compte plus de 275 000 habitants.
Fyfy Solange TANGAMU