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Sesanga rattrapé par son passé rebelle : "Pourquoi moi et pas les autres ?"
Interpellé sur son passé de rébellion lors d'un Space sur X animé par le journaliste Stanis Bujakera, le président de l'Envol et membre de la C64, Delly Sesanga, s'est retrouvé face à une question de l'ancien ministre Steve Mbikayi sur son parcours politique. L'opposant n'a pas éludé la question. Il a revendiqué son parcours armé, tout en dénonçant ce qu'il considère comme un traitement différent réservé aux anciens acteurs de rébellions, aujourd'hui présents dans les institutions.
"J'ai fait la lutte armée contre un gouvernement qui était illégitime, et j'assume toujours ce choix. Je le referais", a déclaré Sesanga. Le leader d'Envol a profité de la passerelle pour citer notamment Jean-Pierre Bemba, Émile Ngoy Kasongo et Lambert Mende comme d'anciens acteurs de mouvements rebelles dont le passé serait, selon lui, moins régulièrement rappelé.
"POURQUOI MOI ET PAS LES AUTRES ?"
Pour Delly Sesanga, la question du passé rebelle ne devrait pas être utilisée de manière sélective dans le débat politique. Il estime que si son parcours est régulièrement évoqué, le même examen devrait s'appliquer à d'autres personnalités qui ont également participé à des mouvements armés.
Cette déclaration intervient dans un contexte où le débat sur la participation des anciens rebelles aux institutions congolaises reste particulièrement sensible. Sesanga avait d'ailleurs déjà expliqué, dans une interview antérieure, qu'il assumait son engagement armé passé, tout en affirmant que la paix devait finalement primer sur la voie militaire.
Faut-il revoir les règles d'accès aux fonctions publiques ? Cette polémique relance une question institutionnelle plus large : le passé dans une rébellion armée devrait-il constituer, à lui seul, un obstacle à l'exercice de certaines fonctions publiques ?
RESTRICTION
L'idée d'interdire automatiquement aux anciens rebelles l'accès aux responsabilités étatiques nécessiterait toutefois une modification ou une législation précise, car les textes constitutionnels actuellement disponibles ne prévoient pas une interdiction générale fondée simplement sur le fait d'avoir appartenu à une rébellion.
Le débat peut donc être posé sous l'angle de la responsabilité politique, de la justice, de la réconciliation et des conditions d'accès aux fonctions publiques, plutôt que de considérer automatiquement tout ancien rebelle comme juridiquement inéligible.
Au-delà du cas personnel de Delly Sesanga, cette controverse renvoie à l'histoire récente de la RDC, marquée par plusieurs guerres et rébellions avant l'intégration de nombreux acteurs dans le processus politique et institutionnel.
La question demeure donc sensible : comment une démocratie doit-elle traiter les anciens acteurs de rébellions : par l'exclusion, par la justice, par la réconciliation ou par l'évaluation individuelle des responsabilités ?
César IPOKA