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Réhabilitation controversée du président du Conseil provincial de la jeunesse
*Tensions internes et accusations persistantes.
Emmanuel Kabangu, président du Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) du Kasaï-Central, a officiellement retrouvé ses fonctions hier mercredi 25 juin, à l’issue d’une suspension préventive de 20 jours ordonnée par le ministre provincial de la Jeunesse. Cette décision, qui clôt temporairement un épisode tumultueux, survient dans un contexte de vives tensions au sein de l’institution, marquée par des allégations de harcèlement sexuel et des dissensions internes quant à la légitimité de sa réhabilitation.
La mesure disciplinaire initiale faisait suite à des rumeurs persistantes accusant M. Kabangu d’avoir harcelé sexuellement la réceptionniste du CPJ. Bien que l’intéressé ait fermement nié ces accusations, le ministre provincial de la Jeunesse avait opté pour une suspension préventive, le temps d’une enquête approfondie. Cependant, les conclusions de cette enquête n’ont pas été rendues publiques, alimentant les spéculations sur les motivations réelles de la levée de sanction.
"Aucune connotation tribale ou politique"
Dans une déclaration rendue publique hier mercredi, les 12 autres membres du bureau exécutif du CPJ ont exprimé leur soutien indéfectible au gouverneur de province ainsi qu’aux institutions provinciales, tout en mettant en garde contre ce qu’ils qualifient de «manœuvres dilatoires» visant à discréditer le CPJ pour des motifs inavoués.
Ces membres ont tenu à préciser que la suspension de M. Kabangu n’avait, selon eux, «aucune connotation tribale ou politique», mais découlait exclusivement de «graves allégations d’abus sexuels en milieu professionnel». Ils ont, par ailleurs, vivement dénoncé sa réhabilitation, qu’ils estiment être une violation des textes régissant le fonctionnement du CPJ.
«La décision unilatérale du ministre provincial de la Jeunesse constitue un précédent dangereux et une entorse flagrante à nos règlements internes», peut-on lire dans leur communiqué. «Nous exigeons une clarification immédiate et la publication des conclusions de l’enquête pour rétablir la confiance des jeunes du Kasaï-Central en leurs institutions», ajoutent-ils.
Tensions plus larges au sein de l'Exécutif provincial?
Si les membres dissidents insistent sur le caractère strictement disciplinaire de l’affaire, plusieurs observateurs locaux s’interrogent sur les implications sous-jacentes. Certaines sources évoquent des tensions plus larges entre factions au sein de l’exécutif provincial, tandis que d’autres y voient une instrumentalisation des allégations à des fins de déstabilisation.
La réhabilitation d’Emmanuel Kabangu ne semble pas mettre un terme à la crise. Les membres opposants annoncent déjà des recours administratifs, voire juridiques, pour contester la décision ministérielle. Parallèlement, la pression de la société civile et des organisations de défense des droits des femmes ne faiblit pas. Celles-ci exigent plus de transparence et une tolérance zéro face aux violences sexuelles.
Félix MULUMBA KALEMBA