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Recherche scientifique : de l’ombre à la lumière ?
Le soleil serait-il en train de se lever sur la Recherche scientifique en RDC ? Ce secteur pourtant si vital pour tout pays normal serait-il sur le point de cesser la cinquième roue du carrosse? Sous régime minceur imposé, le chercheur rd congolais peut-il enfin voir le Gouvernement le sortir de cette diète ? La fumée blanche sortira-t-elle du chapiteau érigé dans l’enceinte du Palais du peuple où se tient le conclave du génie scientifique congolais ?
En temps ordinaire, ces questions relèveraient de la science-fiction. Tant comme l’enseignement, son » frère siamois « , la recherche scientifique fait proverbialement figure de parent pauvre depuis des lustres.
Seulement voilà, samedi 19 août, le Président de la république n’a pas été avare d’annonces dans le sens de ressusciter » feue la recherche scientifique « . » Il nous faut investir dans la recherche scientifique « , a dit à haute et intelligible voix le chef de l’Etat. Fatshi a instruit illico presto le Gouvernement d’intégrer la recherche dans le projet de budget 2024 ! Alléluia ! Mieux vaut tard que jamais.
Devenus incrédules comme » Saint Thomas » à l’instar du reste de tous les Congolais, les chercheurs, innovateurs et inventeurs ont, cependant, du mal à prendre la bonne nouvelle présidentielle pour argent comptant. Et pour cause, du Zaïre au Congo, il est une constante : les promesses des dirigeants engagent plus ceux qui les écoutent que ceux qui les tiennent. Mieux, les effets d’annonces sont la règle et la réalisation des engagements l’exception.
Que de discours d’une rare générosité ! Que de promesses mielleuses dans tous les secteurs ! Y compris dans la recherche scientifique.
Au pays de toutes les contradictions, de tous les paradoxes et même de tous les oxymores, on peut rêver du » Plan Mobutu « , proclamer » Objectif 80 « , lancer les » 5 chantiers « , initier le PDL 145 territoires sans songer le moins du monde à sortir la recherche scientifique et l’enseignement du ghetto budgétaire ! Difficile de se souvenir de plénières, toutes législatures confondues, où les députés, autorité budgétaire font de la recherche l’ainé de leurs soucis !
Une anecdote qui en dit long sur la place de la recherche scientifique : le ministère en charge du secteur fait partie des portefeuilles dits » non juteux » par les acteurs politiques, tous régimes confondus. Au plus fort de l’inénarrable » partage du pouvoir « , le ministère de la Recherche scientifique était comme un pis-aller. Et son titulaire passait pour un ministre de fond de table. Jusqu’à ce jour, il n’arrive dans la tête de personne -ou presque- d’imaginer que comme l’enseignement, le ministère de la Recherche scientifique devrait jouir d’une préséance qui renseigne sur la vision développementaliste et le leadership transformationnel.
Comment rêver émergence que les dirigeants chantent matin, midi et soir sans investir dans le savoir et les détenteurs de la matière grise ? Comment opérationnaliser le concept « pays-solution » sans l’accompagnement des chercheurs congolais ?
Investir dans la recherche scientifique n’est donc pas une option. C’est un impératif vital. Si, on veut vivre et non pas seulement exister. Si on veut grandir et non pas seulement vieillir. Si on veut être sujet de l’histoire et non pas seulement demeurer ce variable d’ajustement même à l’échelle de l’Afrique centrale! José NAWEJ