Dernière minute
Société
"La patience ne connaît pas le temps" est le second message que nous avons découvert sur un taxi-bus Mercedes Benz Sprinter (voir celui de droite). C'est un proverbe sénégalais.
Cette expression signifie que la vraie patience s'affranchit de l'obsession de la montre et de l'urgence, car…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans le cadre du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, la coopération dans le secteur de la santé entre la Fédération de Russie et la RDC connait un renforcement. Avec la signature, le…
Étranger
Il faut lutter contre la contrebande et investir dans les routes de desserte agricole
Pour tirer pleinement profit de l'accès préférentiel au marché chinois, la RDC doit renforcer le…
Nation
La maladie à virus Ebola continue de frapper durement les professionnels de santé dans l’est de la République démocratique du Congo. Deux jeunes médecins congolais ont perdu la vie en l’espace de…
Rebecca Bongeli : « La sanction infligée aux élèves impliqués dans la sextape est excessive »
*Tout en condamnant l’acte posé, elle estime que ces enfants doivent être placés dans une structure de garde pour être rééduqués ».
La sanction infligée aux élèves en vedette dans la sextape diffusée le week-end dernier sur le net est loin de faire l’unanimité. Aussitôt divulguée après la réunion que le ministre de tutelle a présidée le mardi dernier, avec le concours des responsables du collège Saint Georges de Kintambo, des voix s’élèvent pour décrier la teneur de cette mesure. Conseillère honoraire de la ministre du Genre, Famille et Enfant au sein du Gouvernement Ilunkamba, Mme Rebecca Bongeli Shomono juge cette décision excessive.
Interpellée par les vidéos amateures que les élèves du collège Saint Georges et bien d’autres ont tournées et diffusées récemment, Rebecca Bongeli Shomono a, de prime abord, fustigé ces scènes obscènes, observées en milieu scolaire. « Je condamne l’acte posé par ces élèves, auteurs de la sextape relayée sur la toile. Il y a, sans doute, faute de leur part« , a martelé la conseillère honoraire du ministère du Genre, Famille et Enfant.
Tout en décriant ces pratiquesimmorales et heurtent les consciences, Rebecca Bongeli estime que la décision d’exclure ces élèves du milieu scolaire, et particulièrement des écoles conventionnées catholiques sur toute l’étendue du pays, est bien grave.
« La sanction infligée aux élèves impliqués dans la sextape est excessive« , fait-elle remarquer, tout en soulignant qu’elle n’émane pas du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), M. Tony Mwaba Kazadi.
Mesure discriminatoire ?
Cette mesure énergique, prise par les autorités scolaires du collège Saint Georges de Kintambo, se veut disciplinaire pour décourager toute récidive. Le comité de cette école éclaboussée dans l’affaire sextape s’est, en effet, résolu d’exclure de leur établissement scolaire les élèves identifiés dans cette vidéo pornographique. Intransigeantes, ces autorités ont insisté pour qu’ils soient exclus du réseau des écoles catholiques du pays.
Quoique non opposée aux mesures disciplinaires, Rebecca Bongeli estime que le comité de cette école n’a toutefois pas le pouvoir d’empêcher les autres établissements scolaires du réseau d’inscrire ces élèves. Elle est d’avis que la sanction prise ne doit pas non plus les empêcher d’accéder à d’autres écoles du pays.
La conseillère honoraire de la ministre du Genre, Famille et Enfant au sein du Gouvernement Ilunkamba s’appuie, pour ce faire, sur l’article 39 de la Loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant. Au regard de cette disposition, en effet, « aucun enfant ne peut, en matière d’éducation, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif ou du fait d’un particulier« .
Vivement les structures de garde
Estimant à cet effet que »la sanction prise est une violation flagrante de la loi portant protection de l’enfant », Rebecca Bongeli se réfère à cette disposition pour mentionner que, ‘‘dans de tels cas, les enfants doivent être placés dans une structure de garde pour être rééduqués ».
« Or, constate-t-elle, les structures de garde n’existent plus au Congo ! Je plaide donc pour que le Gouvernement puisse réhabiliter les établissements de garde qui existaient à l’époque coloniale, en construisant là où il en manque. L’Exécutif doit prendre de mesures en amont et non en aval, en veillant à s’en prendre aux responsables des réseaux de diffusion de cette vidéo« .
« Vous remarquerez, dit-elle, que les enfants sont inconscients de l’acte posé. Le Gouvernement ne devra pas combattre les faits, mais les causes. Nous ne pouvons donc sacrifier toute une vie des enfants à cause d’une bêtise qu’ils ont commise, car c’est contraire à la loi. Lorsque vous privez l’éducation aux élèves, qu’est-ce que vous leur réservez, en échange ? Que suggérez-vous pour leur avenir ? Voilà les bonnes questions qu’on doit se poser« , conclut Rebecca Bongeli. Yves KALIKAT