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RDC: des ONG de lutte contre la corruption dénoncent un scandale financier dans les institutions financières
Dans un communiqué conjoint publié, hier mardi 25 février, les Organisations de la Société civile et citoyennes engagées dans la lutte contre la corruption (OSCCLC) montent au créneau et exigent une enquête approfondie ainsi que des poursuites judiciaires sévères. Il s’agit de l’observatoire de la dépense publique (Odep), l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco), les Intègres et le Réseau d’éducation civique au Congo (Recic).
Cette levée de boucliers est consécutive à un scandale fiscal d’une ampleur sans précédent touchant certaines institutions bancaires et la Direction générale des impôts (DGI).
La Société civile donne de «la voix» et montre «la voie» à suivre à la suite des fraudes massives, des irrégularités d’une gravité sans précédent.
L’Inspection générale des finances (IGF) sous la houlette de Jules Alingete va-t-en guerre contre la corruption et la mauvaise gestion des fonds publics. Un système de fraude fiscale «taille patron» vient d'être décousu par cette institution.
Ces organisations anti-corruption ont salué le travail de fourmi de l’IGF et ont réaffirmé leur soutien aux initiatives visant à renforcer la transparence et l’intégrité dans la gestion des finances publiques. Mais, elles estiment que ces révélations doivent entraîner des actions concrètes et immédiates.
DE FORTES MESURES DANS L’IMMÉDIAT
Face à l’ampleur du préjudice subi par l’État et les citoyens, les OSCCLC exigent une enquête exhaustive pour identifier et sanctionner tous les acteurs impliqués, y compris les complices et les bénéficiaires de ces manœuvres frauduleuses; des poursuites judiciaires rigoureuses pour que les responsables rendent des comptes et que les fonds détournés soient récupérés; des mesures conservatoires immédiates pour geler les avoirs des entreprises et individus suspectés d’avoir bénéficié de ce système frauduleux.
VIVEMENT LA DIGITALISATION DE L’ÉCONOMIE NATIONALE
Les OSCCLC plaident pour une réforme structurelle du système fiscal congolais. Elles estiment que la digitalisation de l’économie nationale est un atout majeur pour réduire la fraude et optimiser les recettes publiques.
Elles recommandent entre autres : la mise en place d’un système digitalisé pour la gestion des recettes fiscales, limitant l’intervention humaine et réduisant ainsi les risques de corruption; l’application intégrale de la réforme de la TVA, qui pourrait générer des ressources significatives si elle est accompagnée d’une digitalisation des transactions commerciales; la réduction de l’utilisation des espèces, principal vecteur de fraude fiscale, au profit de paiements électroniques plus traçables.
Ces organisations de la Société civile demandent aux autorités et aux acteurs économiques de prendre leurs responsabilités. Elles incitent le ministre de la Justice à s’impliquer personnellement dans le suivi judiciaire de cette affaire afin d’assurer une issue exemplaire et dissuasive.
Ces irrégularités entraînent un manque à gagner considérable pour l’État, soulignent une collusion présumée entre certains établissements bancaires et des agents de la DGI, facilitant des évasions fiscales massives au détriment du Trésor public.
La fraude fiscale et la corruption constituent une menace grandissante pour l’équilibre budgétaire du pays et sapent la confiance des citoyens envers les institutions.
Gloire BATOMENE