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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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" Qui a dit que obimi premier alors que l'eshec amonani te !"
''Qui a dit que tu es premier, alors que l'échec n'est pas visible (connu) !'' Telle pourrait être la version dans la langue de Voltaire du message d'aujourd'hui que le vaste et riche champ du secteur des transports en commun nous a servi dans un méli-mélo linguistiques, le lingala - dans une moindre mesure (3 mots) - et le français - en grande partie (8 mots) : " Qui a dit que obimi premier alors que l'eshec amonani te ! Je doute de classer ''l'eshec'' dans le panier de la langue française !
Avant de décortiquer cette communication qui s'apparente à un proverbe, je vous invite à nous attarder en quelques lignes sur la partie française. Vous conviendrez avec moi que la maîtrise de la langue de Molière est loin d'être le fort des détenteurs du secteur des transports en commun. Je vous prie donc de ne pas leur en tenir rigueur.
En effet, l'essentiel de notre propos n'est pas cet aspect de la chose. L'essentiel pour les destinataires dudit message que nous sommes est de le capter 5 sur 5, et pour l'émetteur qu'est l'auteur anonyme d'avoir réussi à le faire passer. Pour l'orthographe tortueuse du mot ''eshec'' dont le messager s'est rendu coupable, nous ne perdrons rien en lui accordant le bénéficie de l'oubli. Lui qui est parvenu à bien orthographier les 8 autres mots français :
Cela dit, revenons vite à l'essentiel de notre propos. Réputé partisan des quolibets, le secteur qui a la lourde et délicate charge de nous assurer les déplacements quotidiens dans cette ville de plus de 10 millions d'âmes, ambitionne de nous faire croire que le premier - dans tous les domaines car ici la précision est absente - n'est valable que lorsqu'il existe un échec. Faudra-t-il insinuer que ''échec'' ici est synonyme de ''dernier'' ? Sans doute. Sinon, notre auteur aurait parlé de ''réussite''.
Mais, à supposer qu'il ait pris ''échec'' pour le dernier'', nous dirions que le premier ne peut se prévaloir de cet avantage positionnel que lorsqu'il y a un dernier : en classe, dans les sports… Sinon, pourquoi parler de ''premier'', si on ne trouve pas un dernier ?
Pour extrapoler, je dirais qu'on ne pourrait pas parler des riches s'il n'y a pas des pauvres, un long s'il n'y a pas un court, un lourd si le léger n'est pas visible… La liste peut être allongée à l'infini !
Kléber KUNGU