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Quand les routes veulent passer là où dorment les âmes
Il est des décisions publiques qui, par leur nature, convoquent des questions plus grandes que le béton et l’asphalte. La délocalisation annoncée des tombes du cimetière Kiboto, à N’djili Kilambu, pour faire place aux travaux de construction des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, en fait partie. Un projet d’aménagement d’envergure, certes, mais qui se heurte aux frontières invisibles de la mémoire, du sacré et du respect dû aux morts.
Car il ne s’agit pas simplement de «libérer de l’espace». Il s’agit d’ouvrir des cercueils d’histoire, d’arracher des racines, de troubler un silence que nul ne devrait perturber sans une extrême prudence. Chaque tombe déplacée est un pan de mémoire qu’on déplace, un récit familial qu’on remue, un deuil qu’on ravive. Peut-on parler de progrès si celui-ci exige de déranger les morts sans que les vivants aient été véritablement écoutés ?
Le gouvernement promet une procédure d’identification et d’indemnisation. Louable sur le papier. Mais la question n’est pas seulement technique, elle est symbolique, presque métaphysique. Quelle valeur accorde-t-on à la mémoire collective dans la course effrénée vers le développement? Quelle place laisse-t-on à la dignité, dans une ville où les vivants se battent déjà pour un espace vital, et les morts, pour leur ultime repos ?
L’urbanisme, quand il devient bulldozer, court le risque de détruire plus qu’il ne construit. Il est urgent que les autorités fassent preuve non seulement d’efficacité administrative, mais aussi de sensibilité culturelle et de responsabilité éthique. Car une ville qui maltraite ses morts est une ville qui oublie que son avenir repose aussi sur les fondations de son passé.
Que les routes se construisent, oui. Mais qu’elles sachent s’incliner devant les âmes, avant de les contourner.
Jérémie ASOKO