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Nangaa, Bisimwa, Makenga... avenir incertain
La signature d´un accord de paix entre la RDC et le Rwanda intervenue le 27 juin 2025 à Washington, ouvre inexorablement une paix durable entre les deux voisins devenus ennemis à cause des ambitions expansionnistes
de l'homme qui trône à la tête du pays des Mille collines. Dans cette aventure, il s´est trouvé des Congolais qui ont accepté de s´associer aux ennemis de la RDC pour «congoliser» la fameuse rébellion. Parmi eux, vient en tête Corneille Nangaa, ancien patron de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
Après son mandat à la tête de la centrale électorale où il a tout eu: immeubles, charroi automobile, villas et on parle même des carrés miniers, l´homme s´est fourvoyé dans une aventure visiblement sans issue. À quoi s’attendait-il exactement en prenant ce gros risque? Bien sûr qu´il voulait assouvir ses ambitions démesurées. Après avoir dirigé la plus grande et la plus importante institution d´appui à la démocratie, il a voulu se comporter comme la grenouille qui ambitionnait de devenir aussi grosse que le boeuf. Mais mal lui en prit.
Malheureusement pour Nangaa, avec la donne actuelle où s´ouvrent les perspectives d´une possible réconciliation entre la RDC et le Rwanda, sous l´impulsion de l´administration Trump, les carottes sont cuites pour l´ancien patron de la Ceni.
La réalité sur le terrain est que c´est le Rwanda qui pilote le commandement et contrôle la rébellion de l´AFC/M23. Les dirigeants militaires et politiques de ce mouvement reçoivent des instructions et soutiens du gouvernement rwandais, selon un rapport des experts des Nations-Unies. Corneille Nangaa qui n´a rejoint cette coalition que plus tard en décembre 2023, ne constitue qu´un menu fretin par rapport aux véritables fondateurs du M23. Même dans le pire scénario où l´AFC/M23 parvenait à atteindre Kinshasa, il était exclu que Corneille Nangaa dirigea la RDC, parce que le commandement militaire général de cette coalition est resté sous la responsabilité du général autoproclamé Sultani Makenga et la direction politique sous celle de Bertrand Bisimwa et Corneille Nangaa, qui ne joue véritablement que le second rôle.
Washington n´est pas Sun City bis
Le grand malheur de «l´homme d´Ituri» est le fait que l´Accord de paix signé à Washington ne se terminera pas comme ce fut le cas du dialogue intercongolais de Sun City, qui s´est clôturé par un système monstrueux de pouvoir 1+4.
Au terme desdites assises, le gouvernement de Kinshasa s´est partagé le pouvoir avec les mouvements rebelles (RCD, MLC, RCD/KML), la société civile et l´opposition non armée. Il en est sorti un gouvernement atypique avec en tête un président de la République secondé de quatre (4) vice-présidents. Les Congolais se souviendront très longtemps des dégâts causés par ce gouvernement éléphantesque qui s´est caractérisé par des dépassements budgétaires inqualifiables. Malheureusement, pour Nangaa et d´autres pantins partis en masse à Goma et Bukavu, après la chute de ces villes pour avoir part au partage du gâteau. Cette fois-ci, il n´est pas prévu pareil scénario catastrophe. Tous les opportunistes situationnistes vont rentrer la queue entre les pattes. La seule possibilité heureuse pour eux, du moins ceux qui ne sont ni poursuivis ni condamnés par la justice, consiste à rejoindre le camp de la patrie en vue de participer au dialogue national qui se profile à l´horizon.
Muke MUKE