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MSF tire la sonnette d’alarme sur la propagation de l’épidémie de Mpox
En République démocratique du Congo, le nombre de cas de MPox est en augmentation depuis plus de deux ans. Mais la situation s’est aggravée ces derniers mois, avec une explosion du nombre de cas, une mutation entraînant une transmission interhumaine du virus et la notification de cas suspects dans certains sites des personnes déplacées au Nord-Kivu. Face à cette hausse des cas, Médecins sans frontières (MSF) a mis en place des interventions pour appuyer le ministère de la Santé dans la prise en charge des patients.
«L’accélération de l’épidémie est inquiétante, d’autant plus qu’une mutation génétique a été identifiée au Sud-Kivu, avec désormais une transmission d’humain à humain ininterrompue depuis des mois. Cela n’avait pas encore été identifié avec la souche du bassin du Congo, contrairement à celui d’Afrique de l’Ouest, à l’origine de l’épidémie mondiale de 2022. Au-delà de cette mutation, un autre motif d’inquiétude est que la maladie a été enregistrée dans les camps de déplacés autour de Goma, au Nord-Kivu, où l’extrême densité de la population rend la situation très critique», a indiqué le coordinateur médical de MSF en RDC, Dr Louis Albert Massing.
Les soins disponibles extrémement limités
Il a précisé que les risques d’explosion sont réels vu les énormes mouvements de population en RDC et en dehors de la RDC. Or, l’identification des cas, le suivi des malades et les soins disponibles restent extrêmement limités, et l’absence de vaccins rend cette situation encore plus difficile. Dans certaines communautés, la perception de la maladie comme étant liée à des pratiques mystiques ou de sorcellerie complique aussi l’adhésion aux mesures de santé publique. Ce qui illustre également la nécessité de travailler au plus proche des communautés dans la réponse.
Une des équipes de MSF soutient la zone de santé d’Uvira, au Sud-Kivu où plus de 420 patients ont été déjà pris en charge dont 217 cas graves. «Nous appuyons la prise en charge médicale des cas graves via un centre d’isolement à l’hôpital général de référence d’Uvira, ainsi que le suivi des cas simples et modérés en ambulatoire, et l’isolement des cas suspects. Nos équipes forment le personnel médical sur la prise en charge médicale et s’investit également dans le contrôle de l’infection et la sensibilisation des communautés», a renseigné Louis Albert Massing.
Appel à une mobilisaiton de tous les acteurs
Des kits pour les soins sont fournis aux hôpitaux pour le prélèvement d’échantillons de la maladie. Par contre au Nord-Kivu, des activités de surveillance et de sensibilisation ont été lancées dans les sites de déplacés de Goma ainsi que le renforcement des structures de soins en matière de triage, isolation et prise charge des patients présentant les symptômes du MPox. Dans le nord-ouest du pays, deux autres interventions ont été lancées: une dans la zone de santé de Bikoro, en Equateur, et l’autre dans la zone de santé de Budjala au Sud-Ubangi.
pas de vaccin disponibles
Aussi, MSF appelle à une mobilisation de tous les acteurs afin de s’investir dans la riposte, et que les populations les plus à risque soient protégées au plus vite par la vaccination.
«La RDC a validé deux vaccins et essaie de s’approvisionner mais à ce stade, il n’y a pas encore de vaccins disponibles. Des négociations sont en cours avec certains pays, des zones prioritaires, et nous espérons que les choses se débloqueront vite et qu’une quantité suffisante de vaccins sera effectivement fournie au pays pour pouvoir agir dans les principaux foyers épidémiques», a fait savoir l’homme à la blouse blanche.
Quant aux priorités à poser face à la Mpox en RDC, MSF estime que l’épidémie se propage dans des zones très différentes, avec des réalités démographiques et géographiques. La réponse doit être non seulement multisectorielle mais aussi adaptée à chaque contexte. En attendant l’arrivée de vaccins, il faut qu’un maximum de partenaires appuient les autres aspects clés du contrôle de l’épidémie à savoir l’analyse en laboratoire, la surveillance, l’appui à l’isolement et l’auto-isolement, la sensibilisation… Et, bien entendu, les soins aux patients. Aujourd’hui, tous ces aspects souffrent de lacunes et nécessitent d’énormes ressources pour fonctionner correctement.
Fyfy Solange TANGAMU