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Moïse Moni Della : l’Union sacrée doit disparaître et laisser place au camp de la Nation (Cana)
Alors qu’il a réuni samedi sa plate-forme politique à Kinshasa, le président de la République doit rassembler plutôt au-delà de ce qui apparaît comme son camp politique. Pendant que le pays est sérieusement menacé de «Yougoslavisation» ou de «Balkanisation», le camp du président de la République ne peut qu’être le camp de la Nation (Cana).
En tant que garant de la Nation, Fatshi ne doit être associé à un camp de partisans, que représente aujourd’hui l’Union sacrée. La Constitution du pays est très claire à ce sujet. Hier, peut-être, l’existence de l’Union sacrée se justifiait. Mais, aujourd’hui, elle apparaît comme une machine de division et de l’exclusion des Congolais quand l’unité reste pratiquement la seule arme fatale contre les velléités de l’ennemi rwandais et ses complices.
On ne le dira jamais assez: la Nation reste au-dessus des plateformes et partis politiques, des syndicats et autres clivages. Elle demeure notre dénominateur commun. L’appel du président de la République à la cohésion nationale, lancé autrefois, est un pas dans la bonne direction. Cela passe par la convocation d’un dialogue, précédé des mesures de décrispation.
La situation militaire et sécuritaire du pays exige des solutions appropriées. On peut même envisager une intervention churgicale sans anesthésie pour sauver la malade RDC, qui est actuellement à la salle d’urgence. Il faut une thérapie de choc qui exige courage et dépassement de soi. Le congrès de l’Union sacrée ne peut qu’apporter des traitements palliatifs.
Le camp de la Nation que j’appelle de tous mes vœux doit impérativement et rapidement réunir en son sein tous les nationalistes congolais au-delà des clivages politiques, ethniques, provinciales, religieux... Bref, sans tenir compte de nos différences et divergences. La finalité étant de sauver impérativement le pays envahi.
Comme un bon entraîneur de foot, le président Tshisekedi doit faire une bonne lecture du jeu pour mieux comprendre les enjeux et procéder à un coaching gagnant. Le dialogue national qu’il doit convoquer doit réunir toutes les forces vives de la Nation.
Ce qui se passe dans d’autres pays se passe en RDC, mais ce qui se passe en RDC ne se passe nulle part ailleurs. L’union fait la force, l’union fait la paix, l’union engendre les progrès.
Moïse Moni Della
Président de Conade (Conservateurs de la nature et des démocrates)