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A l’heure des comptes…
Entre la RDC et l’Ouganda, l’heure des comptes a sonné. Le compte à rebours a commencé. Pas sûr, cependant, que Kinshasa trouve vraiment son compte dans l’arrêt de la Cour Internationale de Justice. Car, tout compte fait, la facture exacte des dégâts causés par l’Armée ougandaise en terre congolaise a tout d’un compte d’apothicaire. Pour rappel, Rwandais et Ougandais s’étaient réglé des comptes à Kisangani sans tenir compte des Congolais.
Si l’on prend en compte uniquement cette séquence mortifère, c’est peu de dire qu’avec les 325 millions….retenus par la CIJ, on est loin du compte. Pire, le compte n’y est pas du tout. La RDC, avec ses centaines de milliers de morts et sa troisième ville dévastée, ne trouve pas son compte dans le verdict rendu hier à La Haye. En l’occurrence, le montant fixé par l’instance judiciaire de l’ONU compte pour du beurre.
Symétriquement, l’Ouganda s’en tire à si bon compte. Difficile, dans ces conditions, de solder les comptes de ce passé aussi douloureux que récent. Même si, compte tenu des opérations militaires conjointes en cours dans l’Est de la RDC et des projets économiques d’intérêt commun (route Beni-Kasindi), à Kampala, la tentation serait forte de remettre le compteur à zéro. Et de passer ainsi par pertes et profits la nécessaire reddition des comptes. Ce, au motif que quand on aime, on ne compte pas. Sans s’en laisser conter, Kinshasa serait bien inspiré en objectant que les bons comptes font les bons amis.
Enfin, un coup d’œil dans le rapport Mapping de l’ONU permet aux Congolais de se rendre compte que le compte rwandais dans leurs livres accuse un solde débiteur évalué aussi en milliards de dollars. Sans tomber dans les règlements des comptes, il faudra quand même qu’un jour ces comptes-là soient réglés de peur que les Congolais ne soient des laissés-pour-compte. José NAWEJ