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Les stratégies pour mettre fin à la vindicte populaire évoquées au cours d’une journée de sensibilisation
La lutte contre le phénomène vindicte populaire était au centre d’une journée de sensibilisation organisée par la composante de la Police de la MONUSCO, secteur UNPOL de Kinshasa, à l’attention des éléments de la Police nationale congolaise, des membres de la société civile, des leaders religieux et traditionnels. A cette occasion, plusieurs intervenants ont pris la parole pour dénoncer cette pratique avant de proposer des stratégies idoines.
Le colonel Roger Ekanda Etshikudi, adjoint et Chef de Département de lutte contre la criminalité et les stupéfiants à la Coordination de la Police judiciaire à l’État-major commissaire provincial ville Kinshasa a expliqué les causes du phénomène vindicte populaire qui sont entre autres le manque de confiance de la population envers les forces de l’ordre et envers la justice, l’impunité et la faiblesse de l’autorité de l’État. Selon lui, pour combattre ce phénomène criminel, le commandant de la police ville de Kinshasa en place des nouvelles stratégies à l’instar des poursuites judiciaires notamment le renforcement des moyens de transport, de communication et du personnel au niveau des sous commissariats et postes de Police pour réduire les délais d’intervention pour que les opérations des patrouilles et de bouclages régulièrement exécutées de jour comme de nuit.
Un autre intervenant Juge Sylvain Makolo Lungozo, s’est penché sur la responsabilité pénale et civile en matière de vindicte populaire. A l’entendre, sur l’angle du droit, la vindicte populaire constitue un trouble à l’ordre public. Elle est fréquente là où la justice est lente, inaccessible et couteuse, a-t-il ajouté avant de souligné qu’elle ne va pas se confondre avec la légitime défense. Le juge Sylvain Makolo est d’avis qu’il faut maitriser le coupable des faits pouvant donner lieu à des actes de vindicte populaire et de l’acheminer devant les autorités judiciaires, qui sont seules habilitées à exercer la sanction au nom de toute la société.
La sensibilisation de la population très souhaitée
Pour sa part, la coordonnatrice a.i. de CAFCO, Madame Grâce Lula qui a exposé sur » l’impact social de la vindicte populaire : Perspectives des femmes » a préconisé la sensibilisation de la population sur les conséquences désastreuses de cette pratique et de promouvoir des valeurs de Tolérance, de respect des droits humains et de règlement des différends par des voies légales.
A entendre Mme Grâce Lula : » la vindicte populaire est une justice de fait, non judiciaire, qui consiste pour une foule, à juger et condamner de façon expéditive, passionnée, au moyen d’une sanction arbitrairement choisie, les auteurs et les complices soupçonnés d’un comportement considéré comme contraire à la loi et aux bonnes mœurs ».
Par ailleurs, elle a souligné que la vindicte populaire est une pratique illégale réprimée par la loi. Il est grand temps, selon ses dires, que des mesures concrètes soient prises pour que les auteurs de ces crimes soient jugés et punis. Ainsi, la coordonnatrice a.i. de CAFCO lance un appel à la responsabilité des autorités, des services de sécurité et de la Justice, pour prendre des mesures fermes afin de mettre un terme à cette montée de la vindicte populaire. Aux autorités traditionnelles, de prendre position contre cette forme de justice expéditive et qu’elles encouragent le dialogue et la réconciliation. Mathy Musau