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L'économie nationale reste debout, malgré l'agression rwandaise, rassure Mukoko Samba
Sous les feux croisés d'un briefing presse hier lundi 14 avril, coanimé avec Patrick Muyaya, le ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, n'a pas seulement pris la parole, il a imposé un cap. D'un ton calme mais ferme, l'homme a livré une radiographie claire et sans anesthésie de l'état de santé de l'économie congolaise. Et contre toute attente, le diagnostic est rassurant.
Dans un contexte où l'on aurait pu s'attendre à un effondrement de la monnaie nationale sous la pression de multiples chocs, le ministre s'est voulu rassurant: "Le dollar n'a pas franchi la barre des 3000 FC". Derrière cette performance, une mécanique bien huilée : les interventions ciblées de la Banque centrale, qui met régulièrement en vente des bons BCC. Ces titres sont avalés avec appétit par des investisseurs de plus en plus confiants. Preuve, selon Mukoko Samba, que les institutions financières du pays tiennent la barre.
Des finances publiques sous contrôle, malgré la tempête
Même dans un climat budgétaire tendu par les besoins en défense et en infrastructures, le gouvernement congolais n'a pas cédé aux sirènes de la planche à billets. " Pas de déficit excessif, pas d'inflation galopante", rassure le ministre. Les obligations d'État trouvent preneur, elles aussi, sur les marchés un second signal fort adressé aux sceptiques : le Trésor public reste fiable, et les créanciers ne s'y trompent pas.
Mais là où le ministre frappe fort, c'est dans le quotidien des Congolais. " En octobre 2024, nous avons réduit de 13 % le prix des carburants à la pompe", rappelle-t-il. Résultat immédiat : la consommation a bondi de 33 %, et les livraisons à Kinshasa ont été doublées, passant de 1500 à plus de 3000 m³ par jour. Les files d'attente dans certaines stations ? Des ratés logistiques, pas une pénurie.
Les effets se font sentir jusque sur le bitume : un Wewa économise désormais jusqu'à 100 dollars par mois. Quant aux entreprises, elles respirent aussi : les indemnités kilométriques ont été revues à la baisse, suivant la chute des prix à la pompe.
Le panier de la ménagère retrouve des couleurs
Ce que Daniel Mukoko Samba ne dit pas sans fierté, c'est que le maïs produit de base dans plusieurs provinces a vu son prix chuter à Mbuji-Mayi de 8000 à 2500 FC le méca. Une baisse spectaculaire obtenue non pas grâce à une pluie d'importations, mais à la stimulation d'une production locale en plein essor. Une stratégie qui vise à nourrir durablement la stabilité économique du pays.
Vers une souveraineté économique assumée
Au cœur de son discours, une philosophie : la souveraineté monétaire n'est pas négociable. " Une seule institution régule le secteur bancaire, et c'est la Banque centrale. "Une mise au point ferme, visant sans doute à dissuader les velléités de contournement ou les critiques désinformées.
Le ministre a conclu sur une promesse qui, en creux, est aussi un engagement : si la consommation continue de grimper, de nouvelles baisses de prix pourraient être envisagées. En clair : pas de triomphalisme, mais une volonté affirmée de poursuivre une politique économique pragmatique, centrée sur la stabilité, la production locale et le pouvoir d'achat.
Mukoko Samba n'est pas venu vendre du rêve, il est venu défendre une vision. Et dans le chaos ambiant de l'économie mondiale, c'est déjà beaucoup. Jérémie ASOKO