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Le « vote utile » des Africains…
Les puissances occidentales peuvent se frotter les mains. Même boire du petit lait. La résolution de l’assemblée générale contre la Russie a été votée massivement. Parmi les 141 voix pour la cessation immédiate des opérations militaires et le retrait russe d’Ukraine, l’écrasante majorité des pays africains.
Ce quasi plein de voix des Africains à l’ONU est davantage l’expression des pays légaux que la tendance des pays réels. Dans cette Afrique où le sort de nombre de chefs d’Etat dépend encore plus de « parrains » occidentaux que de la volonté des peuples, un vote contre voire une abstention peut vite apparaître comme un « crime de lèse-assurance vie« . Des ennuis pourraient commencer jusqu’à ce que départ du pouvoir s’en suive.
A l’inverse, s’afficher plus pro ukrainien que les Ukrainiens eux-mêmes sans nécessairement y croire suffit pour demeurer dans les bonnes grâces des capitales occidentales. Comme retour sur investissement, il n’y a pas mieux.
Des sérieux doutes -c’est un euphémisme- que le vote des plénipotentiaires africains traduise l’état d’esprit des peuples du Continent. Quantité de cas concrets en bandoulière, les Africains ont achevé de constater à leurs dépens que certains Etats étant plus égaux que d’autres, l’ONU est un machin-dixit De Gaulle- au service des puissants. D’où des résolutions à géométrie variable selon les causes.
Pire, il n’est pas inhabituel de voir les mêmes pays qui ont pris la tête de la croisade contre la Russie ignorer superbement l’ONU ou se moquer de ses résolutions lorsque leurs intérêts sont en jeu. Ainsi, pour liquider le dirigeant libyen Kadhafi, les puissances occidentales ont outrepassé la décision onusienne. Depuis ce « printemps libyen« , la Libye sombre dans un hiver sans fin en lieu et place de la libération estivale survendue. Idem pour l’Irak complètement émasculé depuis l’invasion étatsunienne.
Que dire de la cause palestinienne à propos de laquelle des centaines de résolutions moisissent dans les tiroirs de l’immeuble de verre. Le peuple palestinien demeure sous occupation, subit régulièrement des attaques disproportionnées d’Israël sans que la coalition des pays occidentaux si soucieux du respect du droit international et des droits de l’homme ne mobilise l’ONU.
Ce deux poids deux mesures fait que dans beaucoup de pays du sud notamment en Afrique, les opinions publiques sont peu enclines à s’emballer dans le baratin sur la morale internationale. D’où la césure entre les dirigeants calculateurs préoccupés par leur maintien au pouvoir et les peuples révulsés par le droit à la tête du client. José NAWEJ