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Le tocsin de Mgr Nshole sur l’après-élection
Autant le clamer et le proclamer tout de go. Les propos de Monseigneur Nshole sur le processus électoral ne sont pas parole d’Evangile. Il y a à boire et à manger. Il n’y a donc pas lieu de dire Amen. De fait, la CENCO dont le chapelain du Pape est porte-parole a mis beaucoup d’eau dans son vin. Retrait de la fatwa contre le bureau de la CENI. Exit le procès en illégitimité du bureau Kadima. La CENCO, qui n’encourage pas le boycott des élections, ne formule plus qu’une seule demande : revisiter le fichier électoral.
Même si en matière d’élections, il n’est pas question de boire toute la dialectique de Mgr Donatien Nshole, il serait cependant imprudent de jeter le bébé avec l’eau du bain. Car, lorsque le porte-parole de la CENCO déclare craindre pour l’après-élection, il ne prêche pas forcément pour sa chapelle. Il exhorte plutôt et la classe politique en particulier le pouvoir en place et la CENI à entendre la voix du pays réel.
On peut tout reprocher aux prélats, sauf justement leur connexion avec le Congo profond. Ce pays réel par opposition au pays légal qui perçoit les élections par le prisme de tous les désenchantements accumulés depuis 2006 faute de dividende électoral. Eternels dindons de la farce, les électeurs sont dépités par des cycles voire des cirques électoraux qui ne profitent qu’aux élus.
Rien ne garantit que ce formalisme électoral dénué de résultat en terme de requalification de l’ordinaire fort peu enviable de la majorité silencieuse va continuer ad vitam aeternam. « On ne peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps« , mettait en garde Abraham Lincoln, seizième président des Etats-Unis d’Amérique.
Sans abuser de comparaison qui n’est pas raison, à la lumière des cas gabonais et zimbabwéen et de la lame de fond populaire en Afrique de l’Ouest, il appert qu’être à l’écoute du pays profond, mener des processus électoraux inclusifs en amont permet de baliser la voie pour l’après-élection. Et donc éventuellement de désamorcer la bombe post-électorale. Lorsque Mgr Nshole sonne ce tocsin-là, tout celui qui a des oreilles a intérêt à l’entendre. José NAWEJ