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Le Service national livre un deuxième lot de 700 bancs à l’Unikin
Le Service national a remis, mercredi 25 juin, 700 bancs à l’Université de Kinshasa (Unikin). Sous les branches apaisantes de ses vieux arbres, le campus a vu défiler des remorques chargées de bancs neufs. Des sièges simples en apparence, mais porteurs d’une profonde charge symbolique : 700 nouvelles places pour asseoir l’avenir de la jeunesse congolaise.
Sous la conduite du Lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwit, cette livraison vient honorer la promesse faite le 31 mai 2024, où 500 bancs avaient été remis. Et comme en écho à la parole tenue, 700 bancs supplémentaires ont, cette fois, pris place dans les amphithéâtres.
Au-delà de l’objet, c’est l’histoire de ces bancs qui émeut. Façonnés dans les ateliers du centre de Kaniama Kasese, ils sont l’œuvre de jeunes autrefois appelés «Kuluna», réinsérés et formés aux métiers du bois. Une réinsertion sociale que le Lieutenant-général Kasongo Kabwit revendique avec fierté.
L’œuvre des bâtisseurs
«C’est la vision du Chef de l’État que nous matérialisons ici. Transformer ceux qu’on avait oubliés en bâtisseurs de la nation», dit-il. Ces jeunes, autrefois impliqués dans des activités criminelles, sont désormais des membres productifs de la société.
Ce don humanise et répond à une réalité qu’aucun responsable de l’enseignement supérieur ne peut ignorer : des auditoires surpeuplés où des milliers d’étudiants étaient condamnés à suivre les cours debout, sur des chaises en plastique louées, ou assis à même le sol. Cette dotation soulage ainsi une détresse longtemps dénoncée.
Le professeur Joseph Okito, secrétaire général académique de l’Université de Kinshasa, a salué ce geste : «Aujourd’hui, nous recevons ce deuxième lot qui va améliorer la qualité de l’enseignement. L’étudiant n’a pas de salaire à percevoir, mais il a droit à des conditions d’études décentes. C’est aussi cela, la redistribution équitable de la richesse nationale.»
Dans la cour pavée du rectorat, les bénéficiaires n’ont pas caché leur satisfaction. Pour beaucoup, c’est une réponse concrète à un besoin réel.
«Nos conditions de vie ici étaient devenues insupportables. Avec plus de 30.000 étudiants, certains suivaient les cours dehors ou devaient louer des chaises. Cette initiative va améliorer notre quotidien et favoriser de meilleures performances», a confié un étudiant en droit, sourire en coin.
Etendre cette dynamique
Fort de cette réussite, le Service national entend étendre cette dynamique à d’autres institutions d’enseignement supérieur. Le Lieutenant-général Kasongo Kabwit a annoncé que des étudiants de l’UPN, de Mbuji-Mayi et bientôt d’autres universités viendront travailler aux côtés des jeunes du centre de réinsertion.
«Le Service national seul ne peut rien. Nous avons besoin de l’intelligence congolaise pour reconstruire ce pays. Les universités doivent s’impliquer.»
Ce projet, au-delà de la seule production de mobilier scolaire, vise à faire du Service national un véritable carrefour d’opportunités professionnelles pour les jeunes diplômés, leur offrant un cadre pour mettre leurs compétences au service de la nation.
Plus qu’une livraison de bancs, cette opération porte un message fort : celui d’un État qui, au-delà des discours, pose des actes concrets en faveur de sa jeunesse.
Sur cette Colline inspirée où tant de générations ont forgé leur destin, ces nouveaux bancs rappellent à chacun que la reconstruction du Congo passe aussi par ces gestes simples mais essentiels. Et que derrière chaque planche vernie se cache une histoire de résilience et de dignité retrouvée.
Didier KEBONGO