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Le Procureur de la CPI en mission à Kinshasa pour enquêter sur les atrocités dans l'Est de la RDC
Le Procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, est arrivé hier lundi à Kinshasa pour une visite officielle de 48 heures. Son déplacement s'inscrit dans le cadre du suivi des exactions commises dans l'est de la République démocratique du Congo par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, lors de la prise des villes de Goma et Bukavu.
Au cours de son séjour, Karim Khan sera reçu par le Président de la République, Félix Tshisekedi. Les échanges porteront sur la collecte et l'analyse de preuves supplémentaires documentant les récentes atrocités perpétrées contre les populations civiles. Il s'agit notamment des massacres signalés par plusieurs organisations internationales et institutions de de?fense des droits humains.
Dans un communiqué publié le 4 février dernier, le procureur de la CPI avait exprimé son effroi face aux massacres dont il a été témoin, notamment l'exécution d'enfants, qu'il a qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Il avait alors exhorté les autorités congolaises et la communauté internationale à fournir des éléments de preuve tangibles afin d'étayer les poursuites judiciaires en cours.
Un rapport des Nations unies fait état d'un bilan particulièrement lourd : plus de 5.000 personnes auraient péi et 2 700 autres blessées lors de l'offensive du M23 sur ces villes stratégiques. Le document met également en lumière des exécutions d'enfants dans le camp Saio de Bukavu, attribuant la responsabilité de ces crimes au Rwanda et aux rebelles du M23.
La visite du procureur général intervient dans un contexte diplomatique marqué par des tensions accrues entre Kinshasa et Kigali. Le 13 février dernier, en Allemagne, Félix Tshisekedi s'était entretenu avec Karim Khan sur la situation sécuritaire dans l'est du pays, préparant ainsi cette mission d'évaluation visant à renforcer l'action judiciaire contre les responsables des atrocités commises.
Malgré les appels pressants adressés au président rwandais pour le retrait immédiat de ses troupes du territoire congolais, la présence militaire rwandaise demeure manifeste dans l'Est de la RDC, exacerbant les tensions et les inquiétudes quant à la stabilité de la région.
Jérémie ASOKO