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« Le gré-à-gré » n’est pas exclu lorsque les circonstances l’exigent, justifie Matata Ponyo
La gestion du parc agro-industriel continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive. Cette fois-ci le sénateur Matata ¨Ponyo est accusé de n’avoir pas respecté la loi sur les passations de marché en confiant à la firme sud-africaine AFRICOM la gestion de ce site. S’exprimant dans un communiqué, le Premier ministre honoraire a affirmé que le « gré-à-gré« , selon la loi sur les passations de marché, n’est pas exclu lorsque les circonstances l’exigent. « Cependant, il faut prendre des précautions nécessaires pour éviter tout dérapage?a-t-il rencheri. Selon lui, le processus d’appel d’offre reste la meilleure voie à suivre pour le recrutement d’une entreprise de tel gabarit. C’est ce qui était fait. Pour Matat Ponyo, ce qui concerne le PAI BL, le principe de gré-à-gré était justifiable pour au moins 9 raisons.
En effet, le patron du Congo-Challenge a fait savoir que la mise en œuvre du concept de parc agro-industriel nécessitait une entité disposant des compétences sur non seulement une variété d’activités agro-industrielles, mais également des compétences avérées en construction et équipement agro-industriels.
A l’entendre, l’expérience similaire pour recruter une entité en vue de la relance de DAIPN s’était soldée par la disqualification des toutes les entreprises qui avaient soumissionné. Et le gouvernement a dû utiliser l’option de gré-à-gré.
D’après Matata Ponyo, AFRICOM avait intérêt que l’initiative des parcs agro-industriels réussisse pour offrir un marché fiable à l’usine d’engrais dont il venait de lancer la construction à Boma. À l’époque, AFRICOM était un consortium de 15 entreprises couvrant pratiquement tous les domaines d’activités compris dans un parc agro-industriel. Ainsi, recruter AFRICOM, correspondait à recruter 15 entreprises, a-t-il fait remarquer.
Sur le plan stratégique, pour le gouvernement, la sécurité alimentaire fait partie de la sécurité nationale. De ce point de vue, il y avait une certaine réticence justifiée quant à la divulgation d’une stratégie de développement qui touchait à la sécurité nationale, a-t-il confié. En somme, la complexité et la particularité du marché rendaient nécessaire le recours à une procédure de gré-à-gré, a-t-il mentionné.
Le professeur Matata a souligné, en outre, que le recours au gré-à-gré s’est fait avec l’accord préalable du Chef de l’État, garant du bon fonctionnement des institutions.
En 2014, au moment du lancement du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, une requête du Gouvernement avait été envoyée à la Banque Mondiale pour le développement du Parc Agro-Industriel de Nkundi dans la vallée de la Luala à Luozi, au Kongo Central. L’idée était de tester l’efficacité de la procédure de la Banque mondiale en matière de passation de marche pour un projet d’une telle envergure. Six ans plus tard, la principale réalisation de ce processus est un draft d’étude de faisabilité complété après 3 ans de procédures. Comparer ce résultat à ceux du Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo où le gouvernement a utilisé un mélange d’approches pour s’assurer de la bonne gouvernance sans perdre de vue les exigences des résultats concrets pour la population.
Mathy MUSAU