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Le gouvernement invité à s'acquitter de ses dettes vis-à-vis de la Snel et de la Regideso
Après la pluie diluvienne du week-end dernier à Kinshasa, la partie ouest de la capitale est privée d'eau jusqu'à ce jour. En tout, 14 communes sont sans eau potable! La Régie de distribution d'eau (Regideso) s'attèle à normaliser cette situation. La providence a permis que la Société nationale d'électricité (Snel SA) a été épargnée de cette catastrophe. Sinon, la population de ce coin de Kinshasa allait connaître des moments très compliqués car être privé en même temps d'eau et d'électricité serait dramatique. C'est ici l'occasion de rappeler au gouvernement l'obligation qu'il a de s'acquitter de sa dette vis-à-vis de ces deux entreprises étatiques. En 2023, le montant de ces dettes s'élevait à 368,1 millions de dollars américains ! Et deux ans plus tard, donc en 2025, ces créances ont encore augmenté.
Justifiant cette situation en 2023, le ministre du Budget avait indiqué que les dépenses publiques avaient connu, entre 2017 et 2022, une explosion ayant entraîné une accumulation excessive des arriérés de paiement des factures de la Snel et de la Regideso. Le coup subi par ces sociétés avait réduit leur capacité de production.
À ce propos, il sied de rappeler que lors du conseil des ministres du 29 mars 2025, le gouvernement a pris la décision d'instaurer, dès ce mois d'avril, un ordre de paiement permanent des dettes envers la Snel et la Regideso. À cause des difficultés de trésorerie auxquelles ces deux entreprises publiques sont confrontées, il est du devoir de l'État d'honorer ses engagements pris officiellement. À défaut, le gouvernement serait considéré comme un père infanticide qui provoque la mort de ses propres enfants.
Une discipline rigoureuse s'impose
Pour éviter des dettes élevées de consommation d'énergie électrique et d'eau, le gouvernement doit s'imposer une discipline rigoureuse en édictant des instructions fermes à l'endroit des services publics pour lesquels il paie les factures à la Snel et à la Regideso. Car, s'il faut voir la manière dont le courant électrique et l'eau sont consommés par ces services, il y a de quoi s'indigner.
A ce propos, il importe de stigmatiser la mauvaise pratique constatée dans beaucoup de ministères et de services qui autorisent les propriétaires des restaurants de fortune vulgairement appelés malewa, ceux des débits de boissons, les réparateurs des pneus connus sous l'appellation des quados, à consommer l'électricité et l'eau dans leurs installations. De telles consommations augmentent la facture à payer à ces deux sociétés. Désormais, un contrôle rigoureux s'impose pour mettre fin à ces viles pratiques qui ont un impact négatif sur la trésorerie publique. Toute autorité qui enfreindrait cette mesure gouvernementale doit être sanctionnée sévèrement.
De même que le gouvernement est appelé à s'acquitter de ses dettes vis-à-vis de la Snel et de la Regideso, de même ces deux entreprises ont l'obligation de rendre transparente leur gestion tant financière qu'administrative. Sur le plan financier, il y a à boire et à manger sur la manière dont les recettes générées par le paiement des factures des clients sont utilisées. À voir comment les tuyaux sont perforés pendant plusieurs jours ou semaines sans qu'ils soient remplacés, il y a lieu d'interroger les responsables de cette société sur l'affectation des sommes perçues.
Sur le plan administratif, la gestion du personnel pose un problème sérieux. Il est inadmissible de constater qu'une entreprise de caractère hautement technique compte plus d'agents administratifs que des techniciens, notamment les ingénieurs, les plombiers, les mécaniciens,...
Un autre mal concerne la présence d'une catégorie d'agents appelés "journaliers" qui arrivent à prester pendant plusieurs années sans qu'ils soient engagés de manière statutaire.
Curieusement, la Snel est butée pratiquement aux mêmes contraintes financières et administratives que la Regideso. La conséquence est que ces deux entreprises n'arrivent pas à offrir comme il se doit des services sociaux à la population. C'est pourquoi d'ailleurs, la plupart des Congolais souhaitent leur privatisation dans l'espoir de bénéficier des services dignes qui les mettent à l'abri des désagréments qu'ils connaissent au quotidien.
Muke MUKE