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Le GAFI félicite la RDC pour sa sortie de la liste grise : un tournant majeur dans la gouvernance financière
C’est un signal fort et attendu qu’adresse désormais la communauté financière internationale à la République démocratique du Congo. Le Groupe d’Action Financière (GAFI), organe intergouvernemental de référence en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, a officiellement salué les efforts remarquables déployés par la RDC pour assainir son système financier et se conformer aux standards internationaux. Une consécration qui se matérialise par la sortie du pays de la redoutée liste grise.
Depuis octobre 2022, sous l’impulsion du Président de la République et avec l’implication déterminante du ministère des Finances, la RDC s’était engagée dans une vaste entreprise de réformes, visant à renforcer ses dispositifs de lutte contre les flux financiers illicites et à garantir une transparence accrue dans les transactions économiques et bancaires.
Série d’évaluation techniques
Ce processus rigoureux, entamé il y a près de deux ans, s’est appuyé sur une série d’évaluations techniques et politiques conduites par le GAFI et ses partenaires. Il s’agissait pour la RDC de démontrer, preuves à l’appui, sa capacité à adopter et appliquer des mesures efficaces contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Moment décisif : la session de Strasbourg, du 9 au 14 juin 2025. Le gouvernement congolais y a présenté un rapport consolidé des avancées réalisées, mettant en lumière les mécanismes désormais en place pour assurer la traçabilité, la vigilance et le contrôle des flux financiers. Ces efforts avaient déjà été salués en avril 2025 à Dar es Salaam, en Tanzanie, sans toutefois déboucher sur la décision attendue.
"La RDC est de retour..."
La confirmation de cette sortie de la liste grise s’inscrit aujourd’hui comme un tournant décisif et un levier stratégique pour la relance économique et diplomatique du pays. « Nous ne pouvons que nous réjouir de cette avancée, fruit d’un engagement collectif et soutenu. La RDC est de retour. Elle est prête à nouer des partenariats stratégiques, fiables, transparents et surtout gagnant-gagnant », a déclaré Adler Kisula, Secrétaire exécutif de la Cellule nationale de Renseignements Financiers (CENAREF), à l’occasion d’une communication de presse tenue le mardi 1er juillet à Kinshasa, en écho au message du Chef de l’État lors des festivités du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance.
Pour mémoire, l’inscription de la RDC sur cette liste exposait le pays à un contrôle renforcé de ses transactions financières internationales, freinant les investissements étrangers et compliquant les opérations bancaires transfrontalières. La levée de cette contrainte redonne ainsi à la RDC une marge de manœuvre précieuse et ouvre la voie à un climat des affaires plus attractif ainsi qu’à une meilleure intégration dans les circuits financiers mondiaux.
Un défi permanent
Si cette reconnaissance du GAFI constitue un succès diplomatique et économique indéniable, les autorités congolaises restent pleinement conscientes que le défi est permanent. Le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme devra être entretenu, renforcé et continuellement adapté aux nouvelles menaces et pratiques émergentes.
Dans cette dynamique, la RDC entend capitaliser sur cet acquis pour poursuivre les réformes institutionnelles et renforcer la confiance des investisseurs. Ce retour en grâce sur la scène financière internationale pourrait en effet déboucher sur de nouveaux partenariats économiques, stratégiques et sécuritaires pour un pays dont le potentiel reste considérable et les ambitions affirmées.
Jérémie ASOKO