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La SADC se réunit ce mercredi à Harare pour aborder les crises sécuritaires dans l’Est de la RDC
Un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se tiendra le mercredi 20 novembre, à Harare, capitale du Zimbabwe. Ce sommet, présidé par Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe et également président en exercice de la SADC, sera l’occasion d’évaluer la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Dans un communiqué officiel publié sur leur compte X, la SADC a annoncé que ce sommet exceptionnel constituera un point de départ essentiel pour analyser les progrès réalisés par la Mission de la SADC en République démocratique du Congo (SAMIDRC), déployée dans le pays pour tenter de restaurer la paix et la stabilité.
Le rendez-vous de cette organisation régionale sera précédé par une réunion de la Troïka de l’Organe de la SADC, dont les travaux seront dirigés par Samia Suluhu, présidente de la République-Unie de Tanzanie. Plusieurs réunions préparatoires réunissant de hauts fonctionnaires de la SADC ainsi que le Comité ministériel de l’Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité seront également organisées afin de poser les bases des discussions qui suivront.
La SAMIDRC, une efficacité limitée
Ce sommet survient dans un contexte tendu alors que les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par le Rwanda, continuent de s’étendre dans la province du Nord-Kivu, multipliant les incursions dans des territoires comme Masisi, Rutshuru et Lubero, et plus récemment à Walikale. La progression de ces forces armées est considérée comme une violation du cessez-le-feu établi sous l’égide de l’Angola, médiateur désigné par l’Union Africaine. En réaction, le Gouvernement congolais a fermement dénoncé ces agissements et mise sur la diplomatie pour résoudre cette crise, tout en appelant au retrait des troupes rwandaises de son territoire.
Déployée depuis le 15 décembre 2023, la SAMIDRC a pour mission de répondre aux enjeux sécuritaires en RDC. Toutefois, son efficacité sur le terrain reste limités, malgré les résolutions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (Onu) qui chargent la MONUSCO de soutenir cette force régionale. Lors d’une visite en septembre dernier en RDC, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’Onu aux opérations de paix, a rencontré le commandant de la SAMIDRC pour discuter des moyens d’accélérer les opérations conformément aux directives du Conseil.
Ce sommet à Harare marquera donc une étape cruciale dans l’évaluation des efforts déployés pour stabiliser la RDC, tout en posant les questions essentielles sur le rôle de la SADC, ses capacités d’intervention et les défis qu’elle devra surmonter pour garantir la sécurité et la paix dans cette région fragile de l’Afrique.
Pascal NDUYIRI, au Nord-Kivu