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La Fédération UDPS/Nord-Kivu en appelle à la fin du régime d’intérim au niveau de la direction du parti
Le malaise est loin de s’estomper à l’UDPS. La Fédération de Goma relève la controverse sur l’équipe dirigeante actuelle. Les membres de ce parti au Nord-Kivu estiment que l’actuelle direction intérimaire devrait se retirer pour permettre que l’on rentre dans les fondamentaux qui régissent l’UDPS. Ils s’en remettent à Félix-Antoine Tshisekedi. La position de la Fédération du Nord-Kivu n’est pas un fait isolé. Elle conforte la démarche du duo Wakwenda-Shabani.
Depuis que FATSHI est élu Chef de l’Etat, une querelle de leadership divise chaque jour un peu plus la formation tshisekediste. La Constitution lui interdisant de cumuler ses fonctions avec celles de dirigeant de parti, Félix Tshisekedi a nommé Jean-Marc Kabund-a-Kabund à la présidence par intérim de l’UDPS.
Certes, Kabund n’est pas tombé ex-nihilo, il jouit d’une certaine légitimité, car nommé Secrétaire général en 2016 par feu Etienne Tshisekedi lui-même. Mais au jour d’aujourd’hui, plusieurs hiérarques n’acceptent pas qu’il ait pris du galon, et se placent sur le terrain juridique. Au nombre de meneurs de contestataires, le tandem Victor Wakwenda-Jacquemain Shabani. Deux figures bien connues à Limete.
Le duo brandit les statuts du parti, en particulier l’article 26, qui stipule qu’en cas «d’empêchement définitif» de son président, un «directoire» est tenu d’organiser un congrès dans un délai de trente jours. L’«empêchement» de Félix Tshisekedi est bel et bien définitif, arguent-ils, puisque son mandat à la tête de l’UDPS aurait de toute manière expiré avant la fin de son mandat de chef de l’État.
D’après les statuts, donc, cette direction collégiale serait composée de Shabani lui-même, en sa qualité de président de la Commission électorale permanente ; de Victor Wakwenda, président de la Convention démocratique du parti et ancien directeur de cabinet d’Étienne Tshisekedi ; enfin, du secrétaire général, qui, selon Shabani et ses proches, serait toujours… Jean-Marc Kabund.
«Félix Tshisekedi a décidé de placer son mandat sous le signe de l’État de droit. On ne comprendrait pas que les statuts de son propre parti ne soient pas respectés», rappellent certains cadres du parti.
Autorité morale de l’UDPS, Félix-Antoine Tshisekedi devrait, estiment nombre d’analystes, se saisir de ce dossier et évacuer cette polémique en créant les conditions de l’organisation du congrès, seule instance à même de résoudre cet imbroglio.
Pour avoir lutté pendant 37 ans pour l’avènement d’un Etat démocratique, la formation tshisekediste aujourd’hui au pouvoir se doit de prêcher par l’exemple en se dotant d’animateurs élus. La balle est plus que jamais dans le camp du chef de l’État. Dossier à suivre. Didier KEBONGO