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Kisantu accueille un Salon du livre du Kongo Central
La troisième édition du Salon du livre du Kongo Central (SALIK) se tiendra du 25 au 27 septembre dans la ville de Kisantu, sous le thème évocateur: «Écrire pour la paix».
Après Mbanza-Ngungu en 2021 et Matadi en 2023, le SALIK choisit cette année Kisantu, une cité où l’accès aux livres et aux infrastructures culturelles demeure rare. Objectif : désenclaver la région sur le plan littéraire et offrir à la jeunesse un espace d’expression et de découverte.
«La littérature peut être une arme fatale pour combattre la guerre», affirme Allegria Mpengani, initiateur et coordonnateur du salon. Ce choix thématique fait écho aux souffrances vécues par les populations de l’Est de la RDC, encore meurtries par les conflits armés.
Trois jours pour un programme dense
Pendant trois jours, Kisantu accueillera un programme dense : lectures publiques, conférences-débats, ateliers d’écriture, rencontres entre auteurs et élèves, formations pour enseignants, projections de films et animations théâtrales. Des ateliers préparatoires ont déjà été organisés dans des écoles du Kongo Central, mais aussi à Kikwit et Kinshasa, pour initier les élèves à l’écriture et leur permettre de partager leur regard sur le pays.
Plusieurs figures de la scène littéraire et artistique congolaise sont attendues : Jessica Modua, des éditions Mabiki, animera des ateliers autour de la littérature jeunesse ; Cire le Griot offrira des séances de contes ; Élodie Ngalaka mènera des échanges avec les jeunes filles ; et Alice Sakina proposera des animations théâtrales pour mettre en lumière les auteurs congolais.
Un marché du livre réunira des libraires venus de Kinshasa. Des milliers d’ouvrages romans, contes pour enfants et manuels scolaires seront distribués gratuitement aux écoles et centres de formation de la région. Les organisateurs visent ainsi à toucher directement ou indirectement près de 4 000 enfants, un record pour cet événement qui grandit à chaque édition.
Porté par l’asbl J’accuse ma génération (JMG), le SALIK s’inscrit dans une démarche citoyenne et culturelle : mobiliser la jeunesse autour des grands enjeux de société à travers l’art et la littérature. Autofinancé par ses membres, le salon bénéficie aussi du soutien de partenaires comme l’Institut français de Paris via son programme «ressources créatives».
Au-delà de l’événement, le message est clair : la littérature n’est pas un luxe mais une nécessité, capable de semer l’espoir, de favoriser la réconciliation et de participer au développement communautaire.
À Kisantu, le livre ne sera pas seulement une source de plaisir et de savoir, mais aussi un instrument de paix.
J.A