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Kinshasa : le 65ème anniversaire de l'indépendance célébré sur fond des attentes désespérées ?
La République démocratique du Congo a célébré hier 30 juin 2025, le 65ème anniversaire de son accession à l'indépendance, à la souveraineté internationale. À Kinshasa, plusieurs habitants ont marqué cette journée par des sorties en famille, des marches de santé ou encore des activités communautaires. Mais derrière l'ambiance de fête, de nombreux Congolais interrogés ont exprimé un profond désarroi, estimant que le pays n'a pas su capitaliser sur son indépendance.
Au cours d'une ronde effectuée sur le boulevard Lumumba, l'un des principaux axes de la capitale, notre reporter a échangé avec quelques citoyens qui ont livré des témoignages poignants sur ce qu'ils considèrent comme une indépendance inachevée.
" Il y a eu quelques avancées, comme la gratuité de la maternité et de l'enseignement de base sous le président Félix Tshisekedi, ou encore la passation pacifique du pouvoir entre deux chefs d'État. Mais les défis sont énormes, et les aspects négatifs dominent encore ", a estimé Marie-Christine Ngana, une habitante du quartier Funa à Limete.
" L'indépendance que nous vivons aujourd'hui ne tient pas. Le peuple est toujours en souffrance, sur tous les plans. Ce jour devrait être celui de la fierté nationale, mais il ne fait que raviver nos douleurs ", a déploré Yan Muleba croisé au sortir du Park de Kinshasa vers 2ème rue Limete.
" Avant, on défilait fièrement pour commémorer cette date. Aujourd'hui, ce sont juste des marches de santé. C'est comme si l'esprit du 30 juin s'est dilué dans la routine et la souffrance. L'indépendance ne se ressent pas dans le vécu quotidien des Congolais ", a confié un habitant rencontré à la place commerciale de la 7ème rue Limete.
Une indépendance d'apparence
" On parle d'un pays indépendant depuis 65 ans, mais la population n'a même pas accès à l'eau potable, à l'électricité ou à des soins de santé de qualité. C'est une indépendance d'apparence. Dans le fond, on est encore dépendants et même pris en otage par nos propres dirigeants ", s'est indigné Doudou Phoba, un jeune diplômé à la recherche d'un emploi.
" Chaque année, on se souvient du 30 juin, mais rien ne change. Le Congo va de mal en pire. Ce n'est pas ça qu'on attendait de l'indépendance. On a remplacé le colon blanc par des dirigeants noirs qui ne pensent qu'à eux ", a lancé avec amertume, une vendeuse ambulante croisée près de la 1ère Rue.
Ces voix citoyennes traduisent un mal-être profond et une fracture entre le rêve d'un Congo libre et prospère et la réalité quotidienne faite de précarité, de crises politiques, économiques et sécuritaires.
Même si des avancées sont reconnues, notamment dans le cadre de certaines réformes sociales, elles restent, pour beaucoup, insuffisantes pour transformer véritablement la vie des Congolais.
Tricya MUSANSI