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Kinshasa et l'AFC/M23 d'accord pour des négociations directes
* En attendant, Nangaa et ses hommes gardent les zones occupées"
C'est fait. Kinshasa et la coalition Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 mars (AFC/M23), ont signé le samedi 19 juillet, à Doha, un accord de cessez-le-feu permanent dans l'Est de la Rd Congo.
Des négociations formelles devant aboutir à un Accord de paix global sont prévues à la suite de la Déclaration de principes, signée le week-end dernier au Qatar. Une avancée de haute portée symbolique, saluée par l'Union africaine.
Parmi les acquis des négociations de Doha, on retient, entre autres, l'engagement des parties à mettre en œuvre les dispositions de la Déclaration de principes. Ce, au plus tard le 29 juillet courant.
Qui mieux est, Kinshasa et la coalition AFC/M23 se sont engagés à entamer des négociations directes au plus tard le 8 août prochain. Objectif: parvenir à un consensus devant, in fine, aboutir à la signature d'un Accord au plus tard le 18 août. Pas seulement.
La Déclaration de Doha précise, par ailleurs, que les négociations pour un accord de paix s'aligneront sur l'Accord de paix du 27 juin dernier, signé entre la RD Congo et le Rwanda à Washington.
Ce texte, faut-il le souligner, vise à mettre fin aux conflits ayant causé des milliers de morts dans l'Est de l'ex-Zaïre. Mais encore faudrait-il que les dispositions dudit Accord soient mises en œuvre.
ETENDRE LE CONTROLE ET L'AUTORITE DE L'ETAT
Toujours dans ce processus de quête perpétuelle et constante de retour de la stabilité dans la partie orientale de la Rd Congo, des sources diplomatiques renseignent qu'une nouvelle rencontre etre le président congolais Felix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, est prévue pour les prochains mois.
Kinshasa va-t-il, finalement, reconquérir les zones occupées et reprendre leur contrôle? Trêve de pessimisme obsessionnel! Car, à Doha, le décor à été planté.
Selon l'Envoyé spécial des Etats-Unis pour l'Afrique, Massad Boulos, l'une des clauses les plus importantes de la Déclaration d'intentions, met l'accent sur l'extension du contrôle et de l'autorité de l'Etat congolais sur l'ensemble de son territoire.
C'est aussi ce que renseigne le porte-voix du Gouvernement.
"Cette Déclaration tient compte des lignes rouges que nous avons toujours défendues, notamment le retrait non négociable des troupes de la coalition AFC/M23 des parties occupées, suivi du déploiement de nos institutions", se réjouit Patrick Muyaya, sur son compte X.
Bien que partie à la Déclaration de principes de Doha, la coalition AFC/M23 n'entend pas, cependant, en prendre le contre-coup. Bien au contraire.
S'agissant justement des territoires ou des zones occupées, "Avant-Doha, risque d'être comme "Après- Doha".
"Nulle part, dans la Déclaration, il est dit que l'AFC/M23 va se retirer. La question relative au retrait du M23 fait partie de celles qui seront traitées dans le dialogue. Moralité, l'AFC/M23 ne reculera pas. Même pas d'un mètre. Nous restons là où nous sommes et contrôlons les zones que nous avons, pendant que l'on sera en train de discuter des causes profondes du conflit, parce que, jusque-là, dans la Déclaration, il n'a pas été question de toucher aux causes profondes du conflit. Il y en a plusieurs. Et, on se donne le temps nécessaire pour travailler sur ça. Partant, nos populations (ndlr: des zones occupées) peuvent se calmer et jouir de la paix et la sécurité qu'elles ont parce que l'AFC/M23 ne reculera pas", soutient Benjamin Mbonimpa, chef de la délégation Afc/M23, dans une courte vidéo sur le net.
On rappelle que la coalition l'AFC/M23 qui s'était emparé de villes stratégiques de l'Est, en l'occurrence Goma et Bukavu, lors d'un offensif éclair en janvier et février derniers, avait insisté pour négocier son propre accord de cessez-le-feu avec Kinshasa, après que son allié rwandais a signé fin juin dernierun accord de paix à Washington avec le pouvoir de Kinshasa.
Grevisse KABREL
DÉCLARATION DE PRINCIPES ENTRE LES REPRÉSENTANTS DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO ET LES REPRÉSENTANTS DE L'ALLIANCE FLEUVE CONGO / MOUVEMENT DU 23 MARS (AFC/M23), (LES PARTIES); EN APPUI AU PROCESSUS DE PAIX, DEVANT CONDUIRE À UN ACCORD GLOBAL, AVEC LA FACILITATION DE L'ÉTAT DU QATAR
1. PRINCIPES GÉNÉRAUX
Les Parties reconnaissent qu'une paix durable constitue le socle indispensable à la construction d'une nation unie, prospère et sécurisée au bénéfice du peuple de la République Démocratique du Congo (RDC).
En référence aux principes fondamentaux de la Constitution de la RDC, à la Charte de l'Union africaine, à la Charte des Nations Unies et à ses résolutions pertinentes, ainsi qu'au droit international, les Parties réaffirment leur engagement à résoudre le conflit par des moyens pacifiques, dans le but de protéger les populations civiles.
Les Parties s'engagent à coopérer pleinement avec les organisations régionales et internationales en vue d'assurer la protection des civils et de soutenir la mise en œuvre de la présente Déclaration de principes.
Les Parties conviennent de privilégier la voie du dialogue et de la négociation pour régler leurs différends, renonçant à l'usage de la force ou à toute rhétorique hostile, conformément au cadre conjoint EAC-SADC, tel qu'adopté par l'Union africaine.
Les Parties expriment leur volonté de dépasser les rancœurs du passé et de s'engager dans une nouvelle ère de compréhension mutuelle, de coexistence pacifique et de stabilité durable.
Les Parties s'engagent à surmonter les divisions qui affaiblissent l'unité nationale, à œuvrer pour l'amélioration des conditions de vie des populations et à rejeter toute forme de discours haineux ou déshumanisant, dans une perspective de paix et de réconciliation.
Les Parties réaffirment également leur attachement à l'intégrité territoriale et à la souveraineté de la RDC.
Les Parties réitèrent les engagements pris dans leur Déclaration conjointe du 23 avril 2025.
2. CESSEZ-LE-FEU PERMANENT
* Les Parties reconnaissent que la paix, la sécurité et la stabilité sont des conditions indispensables au développement, à l'amélioration des conditions de vie des populations et à la préservation de la dignité humaine.
* Les Parties réaffirment leur engagement en faveur d'un cessez-le-feu permanent, qui inclut l'interdiction des actes suivants :
- Les attaques de toute nature aériennes, terrestres, maritimes ou lacustres ainsi que tout acte de sabotage ;
- La diffusion de propagande haineuse ou incitant à la violence ;
- Toute tentative de conquête ou de modification des positions par la force sur le terrain.
* Les Parties s'engagent à faire en sorte que le cessez-le-feu s'applique à toutes les forces impliquées dans le conflit. Un mécanisme conjoint de surveillance et de vérification sera mis en place afin de définir les modalités du cessez-le-feu et d'en garantir la mise en œuvre effective.
* Les Parties conviennent de s'abstenir de toute action, déclaration ou comportement pouvant compromettre le bon déroulement du processus de cessez-le-feu.
3. MESURES DE CONFIANCE
* Les Parties s'engagent à prendre des initiatives concrètes visant à rassurer la population de la République Démocratique du Congo et à créer un climat favorable à un dialogue constructif, en vue de parvenir à une paix durable.
* Les Parties reconnaissent l'importance et l'urgence de la mise en œuvre de chaque mesure de confiance, soulignant leur rôle déterminant dans le renforcement de la confiance mutuelle et la suite du processus de paix.
* Les Parties s'engagent à instaurer les conditions nécessaires à l'application effective de ces mesures, notamment:
- La mise en place, avec la facilitation du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et dans le cadre de la loi congolaise, d'un mécanisme permettant l'organisation de la libération des prisonniers ou détenus d'intérêt détenus par l'une ou l'autre des Parties.
4. RESTAURATION DE L'AUTORITÉ GOUVERNEMENTAL
* Les Parties reconnaissent que la restauration de l'autorité de l'État est la conséquence logique au règlement efficace des causes du conflit, à travers un accord de paix durable.
* Les Parties conviennent que le rétablissement intégral de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national est un pilier fondamental de l'accord de paix. Cet accord définira les modalités, les étapes et le calendrier de ce processus de restauration.
5. RETOUR DES PERSONNES DÉPLACÉES ET DES RÉFUGIÉS
* Les Parties s'engagent à faciliter le retour sûr, volontaire et digne des réfugiés et des personnes déplacées internes vers leurs zones d'origine ou pays d'origine, en conformité avec l'accord tripartite entre la RDC, les pays d'asile concernés et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Ce processus se déroulera dans le strict respect du droit international humanitaire et des normes relatives à la protection des populations déplacées.
6. MONUSCO ET MÉCANISMES RÉGIONAUX
Les Parties s'engagent, par principe, à protéger les populations civiles et à faciliter la mise en œuvre du cessez-le-feu, avec le soutien de la MONUSCO et des mécanismes régionaux, le cas échéant, pour un mécanisme de vérification convenu.
7. ACCORD DE PAIX
* Les Parties reconnaissent l'importance d'un accord de paix visant à garantir la sécurité, le développement durable, la justice sociale et la protection des droits humains du peuple de la République Démocratique du Congo.
* Les Parties soulignent également que cet accord devra permettre le retour sûr et digne des réfugiés et s'attaquer aux causes profondes du conflit.
* Les Parties s'engagent à mettre en œuvre les dispositions de la présente Déclaration de principes immédiatement après sa signature, et au plus tard le 29 Juillet 2025.
* Les Parties conviennent d'ouvrir des négociations directes immédiatement après la mise en œuvre des engagements contenus dans la présente Déclaration de principes, en vue de lancer les discussions sur un accord de paix au plus tard le 8 Août 2025. Ces négociations s'inscriront dans le cadre de l'Accord de paix entre la République Démocratique du Congo et la République du Rwanda, signé à Washington le 27 Juin 2025.
* Les Parties s'engagent à mener les négociations d'un accord de paix global dans un esprit de responsabilité, de coopération et de compromis, avec pour objectif de parvenir à un consensus et de signer l'accord au plus tard le 17 Août 2025.
* Les Parties expriment leur profonde reconnaissance à l'État du Qatar pour son rôle déterminant dans la facilitation du dialogue ayant conduit à la présente Déclaration de principes.
* Les Parties remercient également les États-Unis d'Amérique pour leur soutien constructif au processus de paix conduit à Doha.
* Les Parties saluent les efforts continus de l'Union Africaine, engagée depuis le début du processus de paix, et réaffirment leur appréciation pour son engagement constant en faveur de la stabilité et de la réconciliation dans la région.