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Kinshasa dénonce les massacres, viols et pillages de l'armée rwandaise et de ses supplétifs dans l'Est
Le gouvernement congolais, par l'intermédiaire du ministère de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, a lancé une alerte grave sur les actes perpétrés par l'armée rwandaise et ses supplétifs dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans un communiqué officiel, Kinshasa accuse ces forces d'occupation d'actes massifs portant atteinte à l'intégrité du territoire national, à la sécurité des populations et au droit international.
Le bilan humain rapporté est alarmant. Plus de 289 cas d'assassinats et d'exécutions sommaires ont été enregistrés, 102 cas de viols, 270 cas de tortures corporelles, ainsi que des centaines de personnes portées disparues.
À cela s'ajoutent des milliers de cas de recrutement forcé, des arrestations arbitraires dans des conditions inhumaines, et des pillages systématiques.
Le 16 juin, un massacre de plus de 100 personnes a eu lieu dans le territoire de Rutshuru, accompagné de l'incendie de maisons dans les localités de Bwito, Tongo et Bambo.
Tentative de transplantation de populations
Par ce communiqué, Kinshasa dénonce également la volonté manifeste des forces rwandaises de restructurer les territoires occupés en procédant à des nominations illégitimes de chefs coutumiers et de responsables administratifs.
Dans le Nord-Kivu, la nomination d'un représentant rwandais à la tête de la Commission nationale pour les réfugiés est perçue comme une tentative de transplantation de populations et de réorganisation institutionnelle à des fins d'annexion territoriale.
Les autorités congolaises qualifient ces actes de violations flagrantes du droit international, citant la Charte des Nations Unies, l'Acte constitutif de l'Union africaine, la Convention de Genève de 1951 et la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l'Onu. Le gouvernement appelle la communauté internationale a mettre fin à ce qu'il considère comme une expansion militaire et démographique planifiée par le Rwanda sous couvert de lutte contre les groupes armés.
Pascal NDUYIRI