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Kananga : Denise Nyakeru, témoin de l’engagement des chefs coutumiers d’abolir de mauvaises pratiques traditionnelles contre les femmes
Dans l’espace Kasaï, certaines pratiques coutumières fragilisent encore les droits des femmes, parfois au point de primer sur les dispositions légales, selon un communiqué de presse.
Violences conjugales, mariages précoces, répudiation de femmes victimes de violences sexuelles, restrictions à l’accès à l’éducation et au travail figurent parmi les situations dénoncées.
A ces pratiques, il faut ajouter le phénomène «Kamuina Nsapu», qui a particulièrement affecté plusieurs femmes mariées victimes de violences sexuelles. Certaines d’entre elles ont été répudiées de leur foyer conjugal, après avoir été contraintes de payer de lourdes amendes et subi diverses humiliations.
Face à ces pratiques jugées avilissantes, l’ONG «Femme main dans la main pour le développement intégral», une organisation féminine basée au Kasaï-Central, a engagé un dialogue avec les autorités traditionnelles afin d’identifier ces pratiques et de contribuer à leur abolition.
SIGNATURE D'UN ACTE D'ENGAGEMENT PAR LES CHEFS COUTUMIERS
La présidente de cette organisation, Nathalie Kambale, explique : «Nous nous sommes rapprochés des autorités traditionnelles, vu toutes les formes de coutumes avilissantes, surtout avec la guerre de Kamuina Nsapu qui a impliqué plusieurs femmes mariées victimes de violences sexuelles, répudiées de leur foyer conjugal. Nous avons fait ce plaidoyer pour que ces femmes puissent regagner leur foyer conjugal»..
Appuyé par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), ce processus de dialogue a abouti à la signature d’un acte d’engagement par les chefs coutumiers, en faveur de l’abolition de ces pratiques.
Le représentant résident de l’UNFPA en RDC, Alain Akpadji, salue cette initiative :
«L’UNFPA, avec les autres agences du système des Nations Unies, a beaucoup soutenu ce dialogue communautaire, notamment à travers le renforcement des capacités des ONG féminines sur la manière de s’engager avec les chefs coutumiers, parce que nous avons déjà l’expérience et la pratique dans beaucoup de pays.»
APPEL DE LA PREMIÈRE DAME
La Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi a exhorté les chefs traditionnels à œuvrer en faveur de la paix et de la justice au sein des communautés.
Elle a également appelé les parents et les autorités traditionnelles à encourager les jeunes filles à poursuivre leur scolarité.
«Pour moi, c’est une première de voir que les chefs coutumiers acceptent de coopérer et comprennent l’importance de bannir tout ce qui est injustice selon les coutumes», a-t-elle déclaré.
De leur côté, les autorités traditionnelles ont profité de cette occasion pour présenter à la Première dame plusieurs préoccupations de leurs communautés, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du développement socio-économique.
L'engagement des chefs coutumiers marque une avancée dans la lutte contre les pratiques traditionnelles qui portent atteinte aux droits des femmes. Il ouvre également la voie à une meilleure protection des femmes dans l’espace Kasaï, dans le respect des lois de la République, conclut la source.
Mathy MUSAU