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INTERVIEWE SUR FOX NEWS, Félix Tshisekedi : " Nous avons beaucoup à offrir, tout ce que nous demandons, c'est de vivre en paix "
" Nous avons beaucoup à offrir, et tout ce que nous demandons, c'est vraiment une opportunité de vivre en paix ", a lancé le président Félix Tshisekedi lors d'une interview exclusive diffusée mercredi 19 mars soir sur la chaîne américaine Fox News.
Dans son intervention, le chef de l'État a partagé sa vision sur les relations de la RDC avec les États-Unis et la Chine, ainsi que sur les défis sécuritaires auxquels le pays fait face. L'occasion pour lui de défendre un partenariat stratégique avec les États-Unis et de souligner les enjeux géopolitiques qui façonnent l'avenir de sa nation.
Le président Tshisekedi a abordé la question des ressources naturelles et des partenariats internationaux. Alors que les États-Unis cherchent à sécuriser des accords minéraux exclusifs dans des pays riches en matière rare, Tshisekedi a exprimé son désir de renforcer la coopération avec Washington.
" Nous sommes à la recherche de partenariats, et nous pensons que les États-Unis, vu leur rôle et influence autour du monde, sont un partenaire important à avoir ", a-t-il déclaré.
Pour Tshisekedi, ce partenariat ne se limite pas à l'extraction des minéraux, mais inclut également le traitement de ces ressources, ce qui permettrait de créer de nombreux emplois et de favoriser une stabilité économique à long terme.
" Nous voulons extraire ces minéraux mais aussi les traiter. Car, cela créerait beaucoup d'emplois ", a-t-il souligné, tout en insistant sur l'importance d'un partenariat garantissant la paix et la stabilité pour la RDC, un pays en proie à l'insécurité.
La Chine et la question de l'influence en Afrique
Le président de la RDC a également abordé la question de l'influence de la Chine en Afrique, en particulier en RDC. "La nature a horreur du vide", a-t-il commenté, précisant que si la Chine est présente en Afrique, cela est dû à un affaiblissement relatif de l'Amérique sur le continent.
Le président congolais a également rappelé que les États-Unis avaient une présence importante en RDC dans les années 70 et 80, avant que la Chine ne prenne une place dominante dans le secteur minier.
" Nous serions très heureux d'avoir nos amis américains ici, qui étaient plus présents que la Chine dans les années 70 et 80 ", a-t-il ajouté, soulignant la volonté de son gouvernement de rééquilibrer les relations internationales tout en assurant la coopération bénéfique avec plusieurs puissances mondiales.
Toutefois, Tshisekedi a indiqué que son pays cherchait à diversifier ses partenariats et ne se contentait pas d'une coopération uniquement axée sur le modèle chinois, qui repose sur un échange de ressources contre des infrastructures.
L'influence du Rwanda
La question de l'insécurité dans l'Est du pays , exacerbée par la présence de groupes armés, a également été au cœur des échanges. Tshisekedi a rappelé que la situation sécuritaire était d'autant plus complexe du fait de l'agression du Rwanda.
" Le Congo a un pays voisin appelé le Rwanda, qui il y a environ 30 ans a connu un génocide. La communauté internationale à l'époque nous a demandé d'ouvrir nos frontières pour accueillir des réfugiés, et depuis lors, cette situation infernale a infiltré la RDC ", a-t-il expliqué.
Pour le président congolais, l'instabilité régionale est un obstacle majeur à l'attraction des investisseurs étrangers et au développement du pays. Il a donc appelé Washington à adopter une position plus ferme vis-à-vis du régime du président rwandais Paul Kagame.
Le combat légendaire de Muhammad Ali et l'héritage congolais
En plus des questions géopolitiques, Tshisekedi a évoqué un événement historique qui a marqué son pays et renforcé les liens avec les États-Unis : le fameux "Rumble in the Jungle " de 1974, où Muhammad Ali a défait George Foreman à Kinshasa. Ce combat a non seulement captivé le monde entier, mais il a aussi laissé une empreinte durable sur la RDC. " Cela a vraiment galvanisé le peuple et attiré l'attention de tout le monde. Nous avons vraiment connu un boom grâce à ce combat historique ", a rappelé Tshisekedi.
Cinquantenaire de cet événement, le stade Tata Raphaël, qui a accueilli ce duel mythique, sera rebaptisé " Stade Ali-Foreman " en l'honneur des deux légendes de la boxe. Un combat de poids lourds congolais, dont Martin Bakole, sera organisé dans le cadre des festivités.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO