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INONDATIONS A REPETITION A KINSHASA : Fayulu, Katumbi et Sesanga dénoncent l'inaction du gouvernement et l'absence de politique de prévention
Le drame qui a frappé Kinshasa le week-end dernier a soulevé une vague d'indignation au sein de la classe politique congolaise. L'opposition n'a pas tardé à dénoncer ce qu'elle qualifie d''incompétence et d'irresponsabilité des autorités face aux catastrophes qui se répètent chaque année.
Dans différentes réactions publiées sur leurs comptes X,hier lundi 07 avril, Martin Fayulu, Moïse Katumbi et Delly Sesanga ont dénoncé le manque de vision du gouvernement, l'absence de politique d'urbanisation et l'incapacité de l'État à protéger ses citoyens.
Fayulu : "Un laxisme criminel des autorités"
Martin Fayulu a exprimé sa consternation face à la perte tragique en vies humaines et la détresse des sinistrés. Présentant ses condoléances aux familles endeuillées, il a surtout dénoncé un État démissionnaire, incapable d'anticiper ou de répondre efficacement à ce type de catastrophes.
" Si ces catastrophes naturelles sont inévitables, des vies humaines auraient pu être épargnées si l'État avait assumé ses responsabilités. L'urbanisation chaotique de la ville de Kinshasa, l'absence de plan d'aménagement et les constructions anarchiques galopantes sont le reflet d'un laxisme criminel des autorités," a-t-il fustigé.
Fayulu s'est également insurgé contre la pauvreté des infrastructures de la capitale, soulignant l'absurdité qu'une mégapole d'environ 17 millions d'habitants ne dispose que d'une seule route menant à l'aéroport international. Pour lui, la situation est le fruit de l'amateurisme et du clientélisme politique qui empêchent toute réforme sérieuse et efficace.
Katumbi "Un État qui abandonne les Kinois à leur sort"
Moïse Katumbi a, lui aussi, dressé un bilan sévère de la gestion de cette catastrophe. Il a dénoncé le manque de planification du gouvernement et l'absence de solutions durables pour protéger les populations vulnérables.
" Les pluies torrentielles à Kinshasa deviennent de plus en plus meurtrières. Ce cycle incessant de tragédies révèle toute l'incapacité et l'irresponsabilité d'un État qui abandonne les Kinois à leur sort, sans aucune solution durable à leurs souffrances ", a-t-il dénoncé.
L'ancien gouverneur du Katanga a insisté sur la nécessité d'une véritable politique d'urbanisation, tout en appelant à une action immédiate pour secourir les sinistrés. Selon lui, le gouvernement doit cesser les discours pour agir en fournissant d'urgence eau potable, nourriture, couvertures et abris aux personnes touchées. Il a aussi alerté sur les risques sanitaires imminents, notamment la menace de maladies comme le choléra, en raison de la contamination des eaux stagnantes.
" Trêve de discours et de promesses démagogiques. La population, victime de toutes sortes de catastrophes, a besoin d'un gouvernement capable de planifier pour éviter ou bien prendre en charge les conséquences des calamités subies, " a martelé Katumbi.
Sesanga : "Un attentisme politique coupable"
De son côté, Delly Sesanga a exprimé son indignation face à ce qu'il considère comme un échec chronique des autorités congolaises. Pour lui, cette catastrophe est le résultat direct d'une gouvernance irresponsable, incapable d'anticiper et de réagir efficacement.
" Kinshasa inondée, population naufragée, liaisons aériennes et routières coupées. Nos pensées vont aux familles endeuillées et sinistrées, victimes, une fois de plus, de l'attentisme politique qui perdure depuis des décennies, ainsi que de l'impréparation, de l'indiscipline et de la négligence coupable des politiques inconséquents, " a-t-il réagi.
Il a dénoncé le manque de mesures préventives, soulignant que ces drames sont évitables si l'État mettait en place une véritable politique d'urbanisation et d'aménagement du territoire.
33 morts et 46 blessés
Le pluie diluvienne du vendredi 4 au samedi 5 avril a causé la mort d'au moins 33 personnes, 46 blessés hospitalisés, et provoqué des dégâts matériels considérables, selon les chiffres officiels.
Dans la foulée, le vice-Premier ministre de l'Intérieur, Jacquemain Shabani, a annoncé la mise en place de quatre sites d'accueil pour les sinistrés. L'opposition juge cette réponse insuffisante.
Ces inondations ont également provoqué l'interruption du trafic routier pendant 24 heures sur le boulevard Lumumba, principal axe reliant le centre-ville à l'aéroport, accentuant les difficultés des habitants. Si la circulation a repris, les stigmates de la catastrophe restent visibles : flaques d'eau, déchets accumulés, maisons détruites et familles sans abri.
Christian-Timothée MAMPUYA