Dernière minute
Société
« Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin ». Cette expression à valeur proverbiale provient d’un taxi-bus Mercedes Benz Sprinter 311.
Cette expression est souvent attribuée à un proverbe chinois. Elle signifie qu’en s’éloignant des détails immédiats pour adopter un recul…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Le 12 octobre, à Goma, Joseph Kabila prenait la tête du Front pour la refondation de la nation, dans le sillage de l’AFC/M23. Le 21, Bruxelles le condamnait par la voix de Maxime Prévot. À…
Étranger
Sur le plateau de Gizeh, à seulement deux kilomètres des pyramides, le Grand musée égyptien (MGE) est sorti de terre. Véritable chef-d’œuvre architectural, le GME allie la grandeur du passé à l’…
Nation
Cinquante-cinq inspecteurs de l'Agence de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) ont reçu, le mercredi 21 octobre 2026, leurs certificats, du Directeur général de cette…
VIENT DE PARAÏTRE : «Ceci n’est pas (qu’) une dent» de Jean-Claude Matumweni
Ceci n’est pas (qu’) une dent Tome 1 Macrohistoire, biosémiopouvoir, passion des corps dans le récit des 52 derniers jours + 3 de Patrice Emery Lumumba. Ce nouvel ouvrage porte la signature du professeur Jean-Claude Matumweni.
Il a l’insigne honneur d’enrichir le questionnement qui entoure la disparition tragique de Patrice Emery Lumumba. En plus de la question que l’opinion s’est toujours posée, à savoir « Pourquoi a-t-on tué Lumumba ? », le livre du Pr Matumweni Makwala ajoute une autre : « Pourquoi le corps du leader congolais a-t-il été l’objet d’une telle débauche de violence, pourquoi a-t-il vécu une telle passion qui a duré 52 jours+3 ? »
Dans sa réponse, l’auteur croise la sémiotique (celle du Groupe µ et la sémantique (celle du Groupe µ et la sémantique interprétative) et le biopouvoir, issu du tandem biopolitique/biopouvoir cher à Michel Foucault pour désigner le pouvoir du souverain sur les corps : les maintenir en vie ou leur donner la mort.
Le concept de biosémiopouvoir, né de ce croisement, traduit le fait que le biopouvoir est une action politique fondée sur un sens préa-lablement construit ou manipulé à travers les sèmes (petites unités de sens). Un tel concept ne pouvait manquer de rencontrer l’histoire de Patrice Lumumba, dont la fin tragique traduit de manière exemplaire l’emprise du pouvoir sur les corps au bout d’un processus d’allocation de sens ; l’action est fille du sens et le commerce de sens précède toujours l’écoulement de sang.
Trois thèses sont développées dans cet ouvrage. La première thèse est abordée dans le présent tome. Elle attribue la violence exercée sur le héros congolais et sa mort à une causalité lointaine, selon le principe de la macrohistoire de Paul Ricoeur. Il s’agit de la mise en place et de la perpétuation d’un biosémiopouvoir (habitus/sens et pratiques) al-lochtone formalisé par trois textes fondateurs : la bulle du pape Nicolas V, le Code Noir français et l’Acte général de Berlin. Selon le premier texte, l’Eglise catholique et le Pape Nicolas V bénissent l’esclavage et la traite négrière (le 8 janvier 1454). Le deuxième texte (Code Noir français) est un Edit qui a servi de règlement pour le gouvernement et l’administration de la justice, police, discipline et le commerce des esclaves nègres dans la province et colonie de la Louisiane, en 1685. Tandis que l’Acte général de Berlin, dans son deuxième des sept chapitres traite de la «Déclaration concernant la traite des esclaves».
En conclusion, l’auteur estime, avec raison, qu’il est permis de positionner Lumumba dans la lignée de Yanga, Nkan-ga Vita, Kimpa Vita, Makandal, Toussaint Louverture, Behanzin, Kimbangu…Bref, au rang de toutes ces personnalités noires ayant marqué l’histoire aussi bien de la RDC (Royaume Kongo) que de l’Afrique. Histoire que plusieurs d’entre elles ont marquée d’un sceau sanguinolent. Aux yeux du dominant, Lumumba n’était rien d’autre qu’un de ses esclaves qui, de tout temps, ont cherché à s’émanciper. Comme ces personnalités.
Publié aux éditions du Net, Ceci n’est pas (qu’) une dent comporte 350 pages.
Qui est l'auteur?
Professeur de communication et journalisme à l'Université des sciences de l'information et de la communication (Unisic), à Kinshasa, Jean-Claude Matumweni Makwala a déjà publié deux ouvrages (2007, 2009) et de nombreux articles.
Kléber KUNGU