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Télécoms : la RDC dénonce l’usage non autorisé de ses fréquences par MTN Rwanda
La souveraineté numérique de la RD-Congo s’est invitée au cœur des priorités gouvernementales. Reçus mardi par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, le Ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, le Président de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC), ainsi que les dirigeants d’Airtel, Orange et Vodacom, ont planché sur un dossier jugé sensible : l’utilisation présumée illégale des fréquences congolaises par la société MTN Rwanda.
«Nous avons été reçus par Son Excellence Madame la Première Ministre au sujet de la question épineuse de l’occupation de notre territoire par une société rwandaise, MTN, qui commence à exercer dans notre pays en utilisant nos fréquences sans avoir d’autorisation», a-t-il déclaré à l’issue de l’audience.
L’enjeu dépasse la simple concurrence commerciale entre opérateurs. Les fréquences radioélectriques constituent un patrimoine de l’État, relevant de la souveraineté nationale. Leur gestion, strictement encadrée par la loi, est confiée au régulateur, l’ARPTC, qui veille à leur attribution et à leur utilisation, conformément aux autorisations délivrées. Toute exploitation sans licence est susceptible d’entraîner des implications juridiques, économiques et sécuritaires.
Eviter les interférences
Consciente de la portée du dossier, la Première Ministre a exigé une prise en charge technique immédiate. «La question reste technique. Une communication technique se fera autour de la question et les instances politiques viendront après. Pour le moment, la Première Ministre a donné des instructions précises pour que les techniciens, c’est-à-dire l’ARPTC, puissent communiquer et saisir les autres instances internationales», a précisé le Ministre.
La présence de principaux opérateurs nationaux à cette réunion visait à éclairer l’Exécutif sur les impacts concrets d’une telle situation, notamment en matière d’équité concurrentielle et de respect du cadre réglementaire. Pour le Gouvernement, il s’agit d’assurer un environnement équilibré pour les entreprises régulièrement établies en RDC, tout en protégeant l’intégrité du spectre national.
Gestion rigoureuse des fréquences
La situation régionale actuelle confère aux fréquences un caractère hautement sensible. Le contrôle de l’espace hertzien n’est pas seulement un enjeu économique ; il touche également à la sécurité des communications et à la maîtrise des infrastructures stratégiques.
En instruisant l’ARPTC de documenter le dossier et de saisir, si nécessaire, les instances compétentes à l’échelle internationale, l’Exécutif entend affirmer l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire, y compris dans sa dimension technologique.
Ce dossier s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2024-2028), qui fait de la souveraineté nationale et de la sécurisation des secteurs des priorités majeures. La gestion rigoureuse des fréquences, la régulation effective du marché et la défense des intérêts nationaux apparaissent désormais comme des piliers de la stratégie gouvernementale.
Christian-Timothée MAMPUYA