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Sud-Kivu : le Coordonnateur humanitaire de l’Onu alerte sur l’escalade des violences
Le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en République démocratique du Congo, Bruno Lemarquis, a exprimé, lundi 8 décembre, sa profonde inquiétude face à l’intensification des combats dans la province du Sud-Kivu. Dans un communiqué très ferme, il a dénoncé une situation sécuritaire dramatique, marquée par l’usage d’armes lourdes et des bombardements dans des zones densément peuplées, exposant des milliers de civils à des dangers extrêmes.
Selon les premières informations recueillies auprès des partenaires humanitaires, les affrontements touchent principalement les territoires d’Uvira, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kabare, Fizi et Kalehe. Au moins 74 civils ont été tués et 83 blessés ont été admis dans les hôpitaux de Sange et Walungu entre le 2 et le 7 décembre. Les évacuations médicales restent difficiles en raison de la poursuite des combats et des barrages routiers. Plusieurs attaques contre des infrastructures civiles, notamment des écoles, ont également été signalées, constituant de graves violations du droit international humanitaire.
Cette recrudescence de violences a entraîné un vaste mouvement de populations. Plus de 200 000 personnes se sont déplacées à l’intérieur de la province en moins d’une semaine, tandis que des milliers d’autres ont franchi les frontières vers le Burundi et le Rwanda. Les conditions de vie demeurent critiques : abris improvisés, fortes vulnérabilités sanitaires, risque d’épidémies et insuffisance de prise en charge pour les victimes de violences basées sur le genre. Une crise supplémentaire dans une province qui comptait déjà 1,2 million de déplacés internes.
Utilisation d’armes explosives dans des zones habitées condamnée
Dans son message, Bruno Lemarquis a rappelé les obligations de toutes les parties au conflit en matière de protection des civils. Il a fermement condamné l’utilisation d’armes explosives dans des zones habitées et les attaques ciblant des infrastructures civiles. Le Coordonnateur humanitaire a exigé un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, estimant que toute obstruction empêche la fourniture d’une assistance vitale aux blessés et aux populations piégées par les combats.
En saluant l’accord de paix signé le 4 décembre à Washington entre la RDC et le Rwanda, sous la facilitation des États-Unis, M. Lemarquis a également appelé à sa mise en œuvre rapide. Selon lui, ce compromis représente un «espoir réel» pour mettre fin aux souffrances dans l’Est de la RDC. Les acteurs humanitaires, qui ont déjà assisté 1,5 million de personnes entre janvier et septembre, affirment être prêts à intervenir dans les zones touchées dès que les conditions de sécurité le permettront.
Pascal NDUYIRI