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Soupçon de surfacturation du marché des cartes d’identité : Alertée, l’IGF débarque à l’ONIP
* Le gendarme financier constate avec grand étonnement que le marché est passé de l’ONIP à Afritec, avec une facture plus que salée : de 400 millions USD à 1 milliard USD.
D’après le web journal Domiprelmedias, une équipe de l’Inspection Générale des Finances (IGF) a reçu mission d’encadrement, depuis début mars, des opérations financières relatives aux fonds payés par le Trésor Public dans les deux comptes de l’Office National d’Identification de la Population (ONIP), logés à la SOFIBANQUE. Hasard du calendrier ? Les inspecteurs sont tombés sur un brûlot de la DGA, Colette Gobo, adressé au DG a.i Stanislas Kenza Lukengu.
La correspondance de Madame le DGA leur a mis la puce à l’oreille. Et sans tarder ils ont passé au peigne fin la signature et la gestion du contrat entre l’ONIP et Afritech/IDEMIA pour la production et la délivrance de la Carte d’Identité Nationale.
Selon des documents auxquels le confrère a consultés, l’ONIP, via son DG a.i., aurait conclu avec IDEMIA une convention qui lie le pays pour 20 ans avec cette organisation! Et aussi invraisemblable que cela puisse paraître, la facture dans ce fameux contrat s’élève à plus d’un milliard de dollars, alors que initialement, côté ONIP, les experts avaient estimé à 400 millions les coûts des opérations d’identification de la population.
Ce chiffre astronomique interroge d’autant plus qu’il a été défini avant le Plan opérationnel qui doit conduire le processus d’identification et d’octroi de la carte d’identité. Ce plan est actuellement en cours de finalisation.
Personne ne peut dire à ce jour ni le nombre de machines nécessaires, ni leur coût. Par ailleurs, le contrat donne à IDEMIA pendant 20 ans le tiers de toutes les recettes qui seront générées par le Fichier Général de la Population. Simplement fou.
Un contrat signé avec la firme Afritec scandalise le gotha politique. La facture contenue dans un contrat négocié sous l’étonnant sceau du confidentiel alors qu’il s’agit d’un marché éminemment public, est passée à 1 milliard de dollars. Afritec prétend même faire de la base des données sa propriété, se proposant de la revendre et à l’Etat et à tout citoyen qui voudrait y accéder à un prix variant entre 2 à 10 dollars. Des questions fusent: comment le marché est passé de l’ONIP à Afritec? Qu’est ce qui justifie la hausse de la facture de 400 millions de dollars à 1 milliard de dollars avec la contrainte faite à l’Etat de payer 11 millions de dollars par mois?
Le DG a.i, seul maître à bord
Selon des sources internes à l’ONIP, le DG a.i est seul maître à bord. Il ignore superbement les dernières directives du Cabinet du Président de la République interdisant aux dirigeants des Services, Etablissements et organismes publics de procéder jusqu’à nouvel ordre aux recrutements, nominations, promotions et mouvements du personnel à tous les niveaux.
Il aurait non seulement viré certains agents, mais recruté d’autres. Il ne se serait pas arrêté là, rétrogradant d’autres encore.
Autres griefs portés à charge du tout puissant DG intérimaire de l’ONIP, il garde les sceaux officiels de l’entreprise par devers lui. Ainsi il peut écrire et envoyer en mission qui il veut. Dossier à suivre… Didier KEBONGO