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Situation catastrophique de Congo Airways : La compagnie aérienne congolaise n’a pas d’avions propres
La compagnie aérienne congolaise, Congo Airways, traverse une zone de turbulence en ce moment, à cause surtout de la mauvaise gestion de ses responsables. En dépit de la fébrilité de la trésorerie de cette entreprise, les mandataires qui la gèrent au quotidien affichent un comportement qui a fait monter au créneau les syndicalistes.
Dans une récente déclaration, les syndicalistes ont stigmatisé des mesures prises dernièrement par les autorités de Congo Airways. Mesures qui vont à l’encontre des instructions du Conseil d’administration, notamment le recrutement anarchique du personnel. Dans ce désordre, le Directeur général a embauché des agents qu’il a fait élever au grade de commandement, sans qu’ils aient répondu aux critères de promotion.
Ce gonflement des effectifs a eu des répercussions sur la masse salariale, alors que l’entreprise traverse une période de vaches maigres. Sans même tenir compte de la fébrilité de la trésorerie de la compagnie, ils sont allés jusqu’à créer des postes non prévus dans l’organigramme.
Ce qui est venu exacerber la méfiance entre le banc syndical et l’autorité.
Cette compagnie d’aviation congolaise connaît des déboires depuis pratiquement le début de sa création, intervenue dans des circonstances juridiques ambiguës.
Le gouvernement de l’époque, au lieu de trouver des solutions idoines pour faire ressusciter l’ancienne compagnie ex Air Zaïre, a préféré se fourvoyer dans une voie bancale, aux conséquences aujourd’hui catastrophiques.
Au lieu de restructurer Air Zaïre et le doter des aéronefs même de seconde main, le gouvernement de l’époque a jugé mieux de créer Congo Airways en lui faisant acquérir des avions par location.
Cette compagnie ne dispose pas, à proprement parler, des aéronefs qui lui appartiennent. Même le personnel navigant, jusqu’aux hôtesses de l’air qui ne s’expriment qu’en anglais, est celui de la société qui fait louer ses avions.
Impensable vraiment pour un pays qui, vers les années 80, disposait d’une des flottes les plus florissantes de l’Afrique. Nous nous souviendrons avec fierté du congolais Ilunga, qui pilotait le DC10, propriété d’Air Zaïre. À part le DC 10, il y avait également des Boeing 737.
Aujourd’hui, ce sont des compagnies aériennes privées qui tentent, tant soit peu, d’honorer la RDC. Ce qui fait qu’ils ne sont pas autorisés à survoler le ciel européen.
Cette situation déshonorante doit prendre fin. Car elle n’est pas possible pour un pays, comme la RDC, aux dimensions continentales d’espérer devenir émergeant, tant que la circulation des personnes et de leurs biens se pose avec une ampleur telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Voilà, par exemple, un sujet qui doit constituer l’une des préoccupations du futur gouvernement dans lequel la plupart des sociétaires de l’Union sacrée de la nation tiennent mordicus à y faire partie.
Muke MUKE