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Scandale à MinoCongo /Kimwenza : Les poulets avariés enfouis dans le sol vendus dans les marchés
Une situation dangereuse a été rapportée à votre quotidien par quelques habitants du quartier Kimwenza, dans la commune de Mont Ngafula, voisins de la ferme Minocongo, non loin du sanctuaire des Bonobo, cette espèce rare des chimpanzés en voie de disparition.
De quoi s’agit-il ? La ferme Minocongo pratique l’élevage des volailles sur une vaste concession. Comme dans une pareille entreprise, il arrive qu’une épidémie survienne et ravage des poulets. C’est ce qui arrive des fois à Minocongo. Pour préserver la santé de la population, les propriétaires de ladite ferme prennent soin d’enfouir sous terre, dans le périmètre de leur ferme, tous les poulets décimés au lieu de les déverser dans leurs chambres froides pour la vente.
Il se trouve malheueusement des habitants inciviques le coin s’arrangent pour déterrer clandestinement ces volailles impropres à la consommation pour les vendresur des marchés environnants, notamment à la gare de Kimwenza, la cité Pumbu, Matadi Kibala, rond-point Ngaba,…
Il est évident que la consommation de pareils vivres, mêlés à ceux des chambres froides, ne peut que provoquer des maladies dont même les médecins ne peuvent déterminer la cause. C’est ce que nous vivons de plus en plus dans la ville de Kinshasa. Des maladies que nous pourrions qualifier de curieuses.
À qui pourrions-nous incomber la responsabilité dans cette malheureuse situation ? La société Minocongo peut-elle être accusée de légèreté pour sa solution d’enfouissement de ces poules mortes d’épidémie ? Pourquoi ne pas recourir à l’incinération pour ne pas donner l’occasion à ces inciviques d’exécuter leur pratique abominable ? Est-elle au courant des faits que nous dénonçons ? C’est donc difficile d’accabler Minocongo.
Dans les environs de la ferme, il y a sans aucun doute des gardes qui assurent la sécurité des lieux. Pareille opération de ces hors-la-loi ne peut pas s’effectuer sans qu’ils soient alertés par la même population qui nous a livré l’information. Dans leur mission de protéger la population, les agents de l’ordre et autres auxiliaires de sécurité ont l’obligation de mettre hors d’état de nuire ces distributeurs de la mort qui nuisent à la santé des pauvres citoyens. Ils sont appelés à le faire pour ne pas être accusés de complicité et être sévèrement sanctionnés par leur hiérarchie.
À un autre niveau, le service de l’hygiène publique a une grande part de responsabilité dans ce dossier, et de manière générale, dans la question de l’insalubrité que connaît avec ampleur la ville de Kinshasa. Le spectacle ahurissant et insalibre des marchés de la capitale ne pouvait pas exister si ce service jouait pleinement son rôle. Des aliments exposés à même le sol, sous le soleil, et à la merci de la poussière des restaurants de fortune vendant la nourriture à côté des ordures, etc. C’est tout simplement odieux à voir.
Face à de tels spectacles, beaucoup de Kinois ne cessent d’ailleurs de se demander si ce service existe réellement dans notre pays.
Au-delà de toutes les failles des services publics, il y a premièrement et avant tout la personne elle-même qui achète et consomme. Elle doit s’entourer de toutes les garanties de sécurité possibles avant de poser l’acte qui concerne sa santé et sa vie. Elle ne doit pas être négligente et complaisante dans ses choix. C’est pour dire que c’est au consommateur que revient la responsabilité la plus importante dans ce scandale des poules de Minocongo. Quelles que soient les circonstances, aucun prétexte ne peut justifier ni l’achat ni la consommation des aliments avariés, même pas le manque de moyens financiers. Nous sommes obligés de tenir cela pour dit, étant donné que la vie est sacrée, surtout qu’en RDC où le chemin pour restaurer l’autorité de l’Etat est encore long.
Par rapport à d’autres sujets chauds de notre environnement de vie, le gouvernement que les Congolais attendent avec impatience aura en face de lui douze travaux d’Hercule à surmonter. Il nous faut véritablement une équipe de vertébrés pour faire sortir le pays des sentiers battus.
Muke MUKE