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RDC: Martin Fayulu met en garde contre «une menace existentielle»
* Pour l'opposant congolais, l'identité nationale et l'intégrité territoriale sont quotidiennement remise en cause.
Dans un communiqué à caractère solennel et grave, rendu public le mercredi 26 novembre, l’opposant Martin Fayulu a élevé la voix pour alerter sur ce qu’il qualifie de «menace existentielle» pesant sur la République démocratique du Congo.
À travers ce message, l’ancien candidat à la présidentielle entend tirer la sonnette d’alarme face à une situation qu’il juge critique : une remise en cause directe de l’identité nationale, de l’unité du pays et de son intégrité territoriale. Pour Fayulu, la conjoncture actuelle exige à la fois lucidité, fermeté et mobilisation, car, affirme-t-il, «notre Nation se trouve, une fois de plus, confrontée à une menace qui vise son existence même».
M. Fayulu accuse frontalement les forces rwandaises et ougandaises d’occuper des portions du territoire congolais, d’exploiter illégalement les ressources nationales et de provoquer «déplacements, mort et souffrance» au sein des populations.
Il juge dès lors incohérente toute tentative de coopération régionale dans un tel contexte.
«Notre nation n’est pas à vendre»
Le communiqué vise notamment l’accord-cadre signé le 15 novembre à Doha, au Qatar, qu’il qualifie d’incapable de constituer «la base d’un accord de paix durable». Selon lui, le texte et les discussions menées au Qatar se limiteraient à une mise en œuvre partielle de la résolution 2773 des Nations Unies et à des modalités de cessez-le-feu insuffisantes.
«Notre nation n’est pas à vendre. Notre souveraineté n’est pas négociable», insiste Martin Fayulu, dénonçant toute pression extérieure susceptible d’influencer la sécurité nationale.
Il met en garde contre toute démarche qui pourrait, selon lui, mener à «un accord d’abdication mettant en péril l’avenir de nos enfants».
Appel au dialogue national inclusif
Dans une interpellation rare par sa tonalité, le président national de l’Ecidé appelle le Président Félix Tshisekedi à convoquer sans délai un dialogue national inclusif, le seul cadre, affirme-t-il, capable de garantir une cohésion nationale durable.
Il prévient que «l’histoire tiendra pour responsable» le chef de l’État si la RDC devait glisser vers une balkanisation, évoquant notamment le rôle de dirigeants étrangers et d’anciens responsables congolais.
Fayulu s’adresse particulièrement à la jeunesse, qu’il qualifie «d’âme vive de la Nation», l’appelant à la vigilance, à la mobilisation et à l’engagement pour la défense du territoire.
«Un peuple uni ne sera jamais vaincu. Un Congo debout ne sera jamais balkanisé», conclut-il dans un appel vibrant.
Ce communiqué, d’un ton martial, intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’Est du pays. Il rappelle les fractures politiques autour de la question sécuritaire et confirme le rôle central que la souveraineté territoriale continue de jouer dans le débat national.
Par cette adresse, Martin Fayulu tente de repositionner son discours sur un terrain à la fois patriotique et institutionnel, tout en se posant comme l’un des porte-voix les plus virulents face aux enjeux régionaux qui secouent la RDC.
Jérémie ASOKO