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RDC : la thérapie Bussa pour une économie émergente d'ici 2050
Observateur averti durant des années de l'économie congolaise, largement tributaire des exportations de matières premières presqu'à l'état brut, Jean-Lucien Bussa Tongba, Docteur en Sciences Economiques et Gestion, Ministre d'Etat à l'Aménagement du Territoire, préconise la mise en œuvre d'une politique économique intégrée, alliant politique industrielle stratégique et politique commerciale offensive. Objectif déclaré, engager résolument la RDC sur la voie de l'émergence à l'horizon 2050. Cette recette, Jean-Lucien Bussa l'a proposée lors de la défense de sa thèse de doctorat, le 5 mars 2026 à l'Université de Kinshasa. Thèse obtenue avec la grande distinction.
Dans son analyse, Jean-Lucien Bussa démontre que la RDC demeure l'un des pays les moins avancés, avec une économie caractérisée notamment par la faiblesse des capacités productives.
Selon Jean-Lucien Bussa, cette faiblesse de l'économie est marquée entre autres par la reprimarisation de son économie due à un niveau faible des exportations productives, un niveau d'industrialisation faible, la primauté des importations non productives, l'inefficacité des infrastructures économiques de base, un faible niveau d'investissement dans l'éducation et dans la recherche et développement, faible niveau d'attractivité des investissements directs étrangers, persistance d'une structure économique extravertie et désarticulée, absence des politiques stratégiques pro-croissance et pro-export.
Il ne s'arrête pas là. Dans sa réflexion, Dr Jean-Lucien Bussa montre que face aux nombreux défis auxquels la RDC est confrontée, le pays dispose des opportunités économiques susceptibles de raffermir sa position dans les échanges internationaux.
En voici quelques-unes :
Premièrement, son potentiel agricole. La RDC dispose d'environ 80 millions d'hectares de terres arables, dont seulement près de 10 pourcents sont utilisés. Ceci met en évidence l'étendue de ce que le pays peut entreprendre sur le plan de développement agricole. Ce n'est pas tout. La RDC bénéficie également d'un climat tropical favorable (pluviométrie abondante), l'existence de nombreux cours d'eau pour l'irrigation et d'une large diversité écologique offrant la possibilité à diverses cultures.
Deuxièmement, son potentiel forestier. L'analyse montre que les ressources forestières de la RD Congo sont parmi les plus importantes au monde. Celles-ci sont d'un atout économique, écologique et social énorme. Le pays possède environ 155 millions d'hectares de forêts, un peu plus de la moitié de son étendue.
Troisièmement, son potentiel en matière d'élevage et de pêche. La RD Congo dispose d'une capacité pour développer l'élevage, l'étude épingle des vastes pâturages naturels, un climat propice dans plusieurs zones, de nombreux cours d'eau, notamment les fleuves et les rivières, en plus d'une présence importante de terres.
Autre opportunité, l'industrialisation, levier central de création de richesse et d'emplois.
La transformation industrielle apparaît comme un pilier incontournable. Dans son analyse, le Docteur Bussa, appelle à mettre l'accent sur une industrialisation orientée vers la transformation locale des ressources naturelles, en particulier dans les secteurs à fort potentiel.
Avec entre autres objectifs, renforcer la valeur ajoutée locale des produits congolais ; réduire la dépendance aux fluctuations des marchés internationaux ; soutenir les PME locales et stimuler l'entrepreneuriat industriel ; créer massivement des emplois qualifiés.
Pour lui, le passage d'une économie extractive à une économie industrielle suppose un investissement accru dans les infrastructures, les compétences techniques et les capacités de production, tout en favorisant un environnement propice aux investissements nationaux et étrangers.
Dans sa réflexion, Jean-Lucien Bussa identifie plusieurs secteurs prioritaires capables de jouer un rôle moteur dans la transformation économique du pays.
Sur l'agro-industrie, socle de diversification productive, il affirme que la transformation des produits agricoles (café, cacao, huile de palme, coton, thé) constitue une opportunité majeure pour la RDC. " En développant des chaînes de valeur locales, le pays peut non seulement accroître ses exportations à forte valeur ajoutée, mais aussi dynamiser les zones rurales et renforcer la sécurité alimentaire ", soutient-il, dans sa thèse.
Sur l'industrie du bois et des ressources forestières, il affirme : " Dotée d'un immense potentiel forestier, la RDC peut développer des industries de transformation du bois (sciage, meubles, contreplaqués, papier), permettant d'exporter des produits finis plutôt que des matières brutes ".
Parlant de l'industrie pharmaceutique et les ressources naturelles, il déclare : " La valorisation des plantes médicinales ouvre la voie à la création d'une industrie pharmaceutique nationale, capable de répondre aux besoins locaux tout en s'insérant dans les marchés internationaux ".
Enfin, sur les industries minières et énergétiques, il explique : " Dans un contexte de transition énergétique mondiale, la transformation locale des minerais stratégiques (cuivre, cobalt, lithium, zinc) représente une opportunité historique. La RDC peut ainsi devenir un acteur clé dans la production de batteries, d'équipements électroniques et d'infrastructures énergétiques. Parallèlement, le développement des industries liées aux hydrocarbures et au gaz (raffinage, pétrochimie, production énergétique) permettrait de réduire les importations et de renforcer la souveraineté énergétique ".
Jean-Lucien Bussa Tongba axe sa proposition sur une approche globale, à savoir la mise en place d'une politique économique intégrée, combinant de manière cohérente politique industrielle et politique commerciale.
Cette approche implique notamment, l'alignement des politiques publiques sur les objectifs de transformation économique ; l'instauration d'incitations fiscales ciblées pour l'industrie locale ; le renforcement des mécanismes de soutien aux exportations productives ; l'amélioration du climat des affaires et de la gouvernance économique.
L'objectif est clair : créer un écosystème favorable à la production, à l'innovation et à la compétitivité des entreprises congolaises sur les marchés internationaux.
En conclusion, cette réflexion montre que face aux multiples défis économiques auxquels la RDC fait face, elle dispose des opportunités économiques capables de consolider sa position dans les échanges mondiaux.
La transformation structurelle profonde de son économie n'est plus une option mais un impératif pour assurer une croissance forte et soutenue et affirmer sa souveraineté économique.
Pour ce faire, il devient plus qu'urgent de mettre en place une politique économique intégrée à savoir : une politique industrielle stratégique combinée à la politique commerciale stratégique.
Ces politiques jumelles doivent être mises en cohérence avec les autres politiques économiques proactives afin de placer la RDC sur la trajectoire de son émergence économique à l'horizon 2050.
FDA