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RDC : La Société Civile alerte un risque de fracture nationale
La tension politique s'invite une fois de plus dans le débat public en République démocratique du Congo. Dans un communiqué officiel rendu public le mercredi 11 juin, le Bureau de la coordination nationale de la Société Civile Forces Vives de la RDC condamne vigoureusement les récentes déclarations du Vice-Premier Ministre Jean-Pierre Bemba à l'encontre de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO).
Le leader du MLC, pour la deuxième fois en moins de six mois, a accusé publiquement la CENCO d'avoir perçu des fonds étatiques de manière irrégulière, tout en laissant entendre une supposée collusion entre des figures politiques de premier plan, notamment Joseph Kabila et Moïse Katumbi. Des propos qualifiés de " graves, diffamatoires et dangereux pour la cohésion nationale " par la Société Civile.
Dans sa mise au point, la Société Civile rappelle que les fonds évoqués étaient destinés aux diocèses pour des œuvres pastorales et sociales, et non à la Cenco en tant qu'institution centrale. Elle dénonce ce qu'elle considère comme une tentative manifeste de jeter le discrédit sur l'Église catholique, acteur majeur de la vie sociale et éducative du pays, notamment en milieu rural où plus de 80 % des écoles catholiques congolaises sont implantées.
Un silence à la forme de caution tacite
" Ces accusations sans fondement traduisent une volonté de fragiliser une institution qui, au fil des décennies, a su se positionner comme un contrepoids moral et un médiateur incontournable dans les moments de crise ", souligne le communiqué.
La Société Civile s'inquiète par ailleurs du silence des autorités gouvernementales face à ces propos. Elle estime que l'absence de recadrage officiel pourrait être interprétée comme une forme de caution tacite à des déclarations jugées clivantes et déstabilisatrices.
" Le fait que les autorités hiérarchiques de Monsieur Jean-Pierre Bemba n'aient pas encore recadré cette sortie médiatique tendancieuse pourrait être interprété comme un encouragement ", avertit le document.
Le communiqué rappelle également le rôle déterminant joué par la CENCO lors de la transition politique de 2018, notamment à travers la médiation des accords de la Saint-Sylvestre. À ce titre, la Société Civile considère qu'attaquer cette institution revient à remettre en question les avancées démocratiques chèrement acquises.
Enfin, elle appelle la population congolaise à la vigilance, au discernement et à rejeter toute velléité de manipulation et de division. Le respect des institutions, la vérité des faits et le dialogue demeurent, selon elle, les seules voies viables pour préserver la paix et la stabilité nationale. Jérémie ASOKO