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L'ARSP annonce la publication sur son site officiel (www.arsp.cd) des statistiques des marchés de sous-traitance réalisés au cours des exercices 2023, 2024 et 2025, avec pour objectif de démontrer…
Quand la vitrine masque la poussière
Il y a un air d'indécence dans la scène. Après Monaco, c'est au tour de Barcelone d'accueillir la campagne de promotion Visit RDC, alimentée par un important investissement public, dix millions de dollars, pour être exact. Sur le papier, l'objectif est louable : présenter au monde les attractions touristiques et les charmes de la République démocratique du Congo. Pendant ce temps, Kinshasa étouffe sous des tas d'ordures, et la campagne souffre de l'oubli des décideurs.
Le contraste est saisissant et douloureusement familier. D'un côté, des affiches tape à l'œil et des slogans raffinés promeuvent une image paradisiaque de la RDC. De l'autre, les rues sont jonchées d'ordures, les marchés en plein air sont inondés d'eaux usées et les quartiers accablés par des conditions insalubres chroniques. Le problème est profond et l'ironie est amère : les cartes postales sont vendues à l'étranger tandis que les réalités locales se transforment en cauchemar sanitaire.
Ce choix de priorités pose question. Peut-on vraiment espérer attirer des touristes étrangers dans un pays où les infrastructures de base peinent à fonctionner et où l'assainissement public est traité comme un problème mineur ? La beauté d'une nation ne réside pas seulement dans ses paysages, mais surtout dans la dignité de sa vie quotidienne.
Il est important de promouvoir le pays, mais pas en dissimulant ses fissures. La véritable visibilité de la RDC ne se détermine pas dans les rues de Barcelone ou sur les terrasses de Monte-Carlo, mais dans la propreté de ses propres rues, la fiabilité de ses services publics et la qualité de vie de ses citoyens. Avant d'essayer d'attirer des visiteurs, il est temps que Kinshasa aborde les besoins et les perspectives de ceux qui y vivent.
Jérémie ASOKO